Nous étions 15 adhérent.e.s de l’association Lire95 en cette matinée du 27 janvier 2026 à l’entrée de la Médiathèque FRANCOISE-SAGAN, Paris Xème, tout près de la Gare du Nord, pour visiter l’exposition Double plouf et patatras.
Cette médiathèque, un lieu touché par la magie ! Car il fut successivement monastère, léproserie, prison et hôpital, avant de devenir au XXIème siècle un espace ouvert, accessible, plein de ressources, une oasis pour les lecteurs de toutes sortes.
En nous y rendant, nous savions que nous allions vivre à nouveau un moment d’exception. Et nous avons été réellement plongés dans l’univers singulier, humoristique et tellement réjouissant de Philippe CORENTIN.
Le parcours de l’exposition s’est articulé autour d’un double hommage :
d’une part en vitrines,avec les albums de CORENTIN et des livres anciens sources de son inspiration, tirés du fonds patrimonial « Heure Joyeuse ». Ces ouvrages nous ont fait découvrir son cheminement artistique et son art de suivre les prédécesseurs avec un grain de fantaisie. Ces anciens, ce sont notamment Albrecht Dürer, Gustave Doré, Benjamin Rabier, Edmond Calvo, Albert Dubout… Six thématiques : les couples improbables, les bêtises, les références picturales ou cinématographiques, les gourmandises, les contes et fables et l’humour. Une série de maquettes et quantité de petits objets et de jouets ont participé à l’évocation.
d’autre part, au mur,avec les illustrations originales et textes d’hommage à Philippe CORENTIN de nombreux auteurs-illustrateurs.
Parmi eux, neuf artistes que nous avons reçus à Lire95 : Pascale BOUGEAULT, CHEN JIANG HONG, Hervé TULLET, Olivier MELANO, Jean-Charles SARRAZIN, François PLACE. Voici les hommages de Claude PONTI, Nathalie DIETERLE et Laurent CORVAISIER :
Alors n’hésitez plus… jusqu’au dimanche 22 mars 2026,
venez faire le double plongeon à la Médiathèque Françoise Saganen explorant cette incroyable exposition, loufoque, souvent absurde, pleine d’ironie, bel hommage à l’auteur- illustrateur Philippe CORENTIN.
Merci à madame OUAKNINE, bibliothécaire de la Ville, guide chaleureuse et inspirée, et à madame VALOTTEAU, responsable du pôle patrimonial Heure Joyeuse, pour leur accueil et leur organisation. A noter que la commissaire scientifique de l’exposition est madame Yvanne CHENOUF.
Après la découverte de l’Atelier-Musée de l’imprimerie de Malesherbes en janvier et du Cadratin de Jouy-le-Moutier en juin, 10 adhérents de l’association Lire 95 ont visité le jeudi 6 novembre 2025 l’Atelier du Livre d’Art et de l’Estampe de Auby/Flers-en-Escrebieux.
Cet atelier constitue le patrimoine vivant et matériel de l’Imprimerie nationale devenue IN Groupe en 2018 et dont l’existence remonte à François 1er (1538).
Il s’agit d’un lieu unique en Europe, voire dans le monde, de conservation patrimoniale, de transmission des savoirs et de production, qui associe histoire, technique de l’imprimerie et pratique des savoir-faire ancestraux dans une approche créative et artistique.
Nous avons été particulièrement bien accueillis par une équipe de professionnels extrêmement qualifiés, passionnés et conscients de participer chaque jour à la sauvegarde et à la valorisation du patrimoine culturel.
La visite de l’Atelier a débuté par une présentation chronologique de l’avènement des différents caractères typographiques au fil du temps.
De l’imprimerie royale à l’Imprimerie nationale en passant par l’Imprimerie impériale, nous avons découvert les différentes créations typographiques permettant au pouvoir en place d’affirmer leur politique culturelle et leur contrôle de l’édition.
Sous François 1er, première création d’une typographie royale pour le grec ;
Robert Estienne, imprimeur du Roi fit appel à Claude Garamont tailleur et fondeur de lettres qui grava les poinçons des « Grecs du Roi ».
Puis naissance de l’imprimerie royale qui fut fondé par Louis XIII en 1640 à l’instigation de Richelieu. Elle fut chargée d’imprimer tous les actes officiels puis les textes littéraires et religieux.
Nous avons admiré à travers les présentations des différentes vitrines les poinçons typographiques (exemple : « Grandjean » ou « Romain du roi » (authentique typographie de Louis XIV) poinçons gravés par Louis-René Luce) et leur impression.
Trésor de l’Imprimerie nationale, le cabinet des Poinçons, constitue un patrimoine unique au monde avec ses 700 000 pièces gravées dont la plus grande partie est classée au titre des monuments historiques.
Le poinçon est une tige d’acier à l’extrémité de la laquelle le graveur dessine et grave en relief et à l’envers la lettre.
Les compositeurs typographes de l’Atelier disposent de 7 caractères latins exclusifs : Garamont, GrandJean, Luce, Didot impérial, Marcellin-Legrand, Jaugeon et Gauthier ainsi que des caractères orientaux (65 écritures du monde) créés ou acquis au fil des siècles depuis les « Grecs du Roi » gravés par Claude Garamond pour François 1er.
Ensuite, nous avons été invités à une petite démonstration de ces savoir-faire ancestraux, temps fort de notre visite. Nous avons pu admirer la précision des gestes répétés depuis plus de cinq siècles avec la fabrication des caractères mobiles qui se décompose en trois phases : la gravure d’un poinçon, la frappe d’une matrice, la fonte de caractères typographiques (dans un alliage de plomb, d’antimoine et d’étain).
La richesse de l’Atelier, c’est aussi ses artisans et maîtres d’art qui font vivre chaque jour par leur geste une tradition d’excellence : le graveur (poinçon), le fondeur (la matrice), le compositeur typographe qui place chaque lettre mobile et crée un texte, le correcteur… et l’imprimeur.
A partir de la révolution industrielle au 19e siècle, les machines ont permis progressivement l’automatisation des différentes tâches avec la Linotype (qui compose une ligne de matrices) et surtout la Monotype (clavier qui permet la saisie du texte sur bande papier perforée et fondeuse-composeuse intégrée), ces avancées technologiques majeures sont à l’origine de l’essor de la presse quotidienne et de l’édition.
Pour clôturer la visite, Marie Poirot, responsable éditorial de l’Atelier, nous a présenté quelques exemples de la production remarquable récente, véritables chefs-œuvre à tirage restreint, chaque exemplaire est unique.
Le Gardeur de troupeaux, de Fernando Pessoa :
Textes poétiques de Fernando Pessoa composés à la main en Garamont entrelacés d’une dizaine d’aquarelles originales de Gérard Traquandi, illustrations réalisées pour chaque exemplaire au fil de la lecture du peintre, ouvrage unique, émotion garantie.
Vous pouvez aussi consulter une présentation de l’ouvrage. Il s’agit d’une vidéo réalisée à la Bibliothèque « l’Alcazar » de Marseille en présence de l’artiste Gérard Traquandi et disponible sur Youtube à l’adresse suivante :
Le Cantique des cantiques, traduit par Vincent Schmied :
Voyages en Alexandrie, de Robert Lobet et Bruno Doucey :
Nous avons aussi rencontré l’artiste Valia Eydis, actuellement en résidence à l’Atelier pour la fabrication de son dernier ouvrage, Promenade avec Gogol, présenté au Salon de bibliophilie « Pages » ; Palais de la Femme, du 28 au 30 novembre 2025.
Jeudi 5 juin 2025, 15 adhérents de l’association Lire 95 ont pu visiter le Cadratin de Jouy, situé au 33, avenue des Tremblays à Jouy -Le-Moutier.
Nous avons été accueillis par Sonia et Adam, ancien imprimeur et trésorier de l’association, qui nous a expliqué avec beaucoup de gentillesse et de passion l’art de la typographie et la lithographie.
Cette association, créée il y a plus de 35 ans, est composée de membres passionnés par l’imprimerie ancienne, et y ayant travaillé pour nombre d’entre eux. Elle permet de retrouver et de pratiquer des techniques d’un autre temps, d’approcher la conception et la production d’un livre et ainsi de contribuer à la sauvegarde du patrimoine.
Sauvegarde de la mémoire d’une industrie essentielle dans l’évolution de nos sociétés, le Cadratin de Jouy est également un atelier vivant, et un formidable outil de transmission d’un savoir-faire (aujourd’hui quasiment disparu) auprès de jeunes publics et d’amateurs passionnés.
La typographie regroupe les différents éléments d’impression, utilisant des caractères et des formes en relief et assure la meilleure lisibilité du texte. Nous avons vu les tiroirs remplis de caractères mobiles et découvert en quoi consiste la composition manuelle, ce qu’est une machine à composition mécanique avec une linotype ou monotype, la fonction de typographe…
Nous avons pu admirer les magnifiques matériels acquis au fil du temps (certains datant de 1905), tous parfaitement entretenus et restaurés, et assister à une démonstration avec une presse à épreuve.
Adam nous a également montré et expliqué le procédé de la lithographie qui consiste à exécuter un dessin sur une pierre calcaire avec un corps gras et ensuite imprimer sur une presse à bras qui garantit l’authenticité d’une lithographie.
Enfin, un documentaire très instructif sur la linotype, une machine à composition au plomb permettant de produire la forme imprimante d’une ligne de texte d’un seul tenant, et la lithographie a complété les explications données.
Bref, une visite très enrichissante et pleine de découvertes pour nos bénévoles.
En guise de travaux pratiques, quelques adhérents avaient apporté un texte qui a été imprimé sur place selon les techniques anciennes, beau souvenir de cette visite…
Encore merci à l’équipe du Cadratin pour l’accueil et leur gentillesse !
Le jeudi 23 janvier 2025, nous étions six de l’association Lire 95 à nous rendre à Villetaneuse pour découvrir un fonds documentaire unique dans le paysage universitaire français.
Nous remercions Louis DELESPIERRE, responsable du Département des collections d’excellence (CollEx) de la Bibliothèque EDGAR-MORIN pour son accueil chaleureux, sa disponibilité et sa présentation du fonds patrimonial Livres au trésor (LAT).
Comment un fonds de littérature jeunesse se retrouve dans une bibliothèque universitaire :
Dans les années 1980, les bibliothécaires de la ville de Bobigny en Seine-Saint-Denis ont constitué un fonds de littérature jeunesse considérable (50.000 volumes) au service de la lecture publique et de la formation. Celui-ci n’a jamais fait l’objet de désherbage.
Et en 2013 la ville de Bobigny a donné tous ces livres à l’université Sorbonne-Paris-Nord, ainsi que des périodiques et des catalogues d’éditeurs. Un tel ensemble aura été totalement inédit à la fois par sa qualité et sa volumétrie.
Grâce à ce don, la collection a changé de statut et bien sûr de public, car elle est maintenant destinée aux enseignants-chercheurs et aux étudiants. Et elle s’enrichit d’acquisitions nouvelles (albums, romans), atteignant aujourd’hui le nombre de 60.000 volumes grâce à un budget annuel de 15.000€.
Parfois, à l’initiative de la bibliothèque EDGAR-MORIN, la collection est une ressource pour des publics hétérogènes, comme dans le projet « Caniscol 95»
En 2018, le fonds Livres au trésor a été labellisé « CollEx », c’est-à-dire « Collection d’excellence pour la recherche ». Cette labellisation permet l’accroissement de la collection, sa mise en valeur et sa conservation.
Livres au trésor est cogéré par le personnel de la Bibliothèque Universitaire EDGAR-MORIN et la structure fédérative de recherche Medialect, interne à l’Université Sorbonne-Paris-Nord, qui regroupe plusieurs laboratoires : Pléiade, Experice… https://llshs.univ-paris13.fr/unites-recherche-plateformes/medialect/
La bibliothèque a aussi participé au projet G-BOOK 1 et 2 « Gender Identity : Child Readers and Library Collections » avec d’autres universités européennes : université de Dublin, de Vigo… voir le site : G-BOOK 1 & 2 : https://g-book.eu/fr/
Louis DELESPIERRE, dans le Bulletin des Bibliothèques de France, a publié un article qui vous permettra d’approfondir le sujet :