Catégorie : Sortie culturelle

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Notre visite à l’Atelier-Musée de l’Imprimerie de Malesherbes

Le mercredi 29 janvier 2025, une douzaine d’adhérents de Lire 95 sont allés passer la journée à l’Atelier-Musée de l’Imprimerie à Malesherbes,  dans le Loiret, entre Milly-la-Forêt et Pithiviers

Nous avons été accueillis par un médiateur plein d’humour, dynamique, qui nous a fait visiter le musée le matin. Celui-ci est installé dans une ancienne usine de papier carbone qui a fermé au début des années 2000. C’est un immense hangar  qui a permis l’installation de nombreuses machines et en fait le plus grand musée de l’imprimerie d’Europe.

Le conférencier nous a raconté l’histoire de l’imprimerie à partir des machines exposées. On est passé des moines copistes, écrivant sur du parchemin, à Gutenberg au XVème siècle. Une reproduction, en bois, de la machine de Gutenberg est exposée.

La grande invention de ce génie et de son équipe, ce sont les caractères mobiles en métal, assemblés en ligne dans un cadre. Sa formation d’orfèvre lui permettait de maîtriser le travail du métal et la composition des alliages. Il a l’idée de réutiliser le pressoir dont se servaient les vignerons, et il a mis au point des encres : ainsi il a pu imprimer des pages entières beaucoup plus vite que les moines copistes et réutiliser les caractères pour d’autres impressions.

Le premier livre imprimé fut une Bible. L’atelier Gutenberg en a imprimé 180 exemplaires en 3 ans, alors qu’un moine copiste n’en aurait réalisé qu’une pendant ce temps. Cette révolution va permettre la diffusion du savoir, une redécouverte des textes de l’antiquité qui seront mis à disposition d’un plus grand nombre de personnes. C’est le début de l’humanisme avec de nombreux textes profanes imprimés circulant en Europe.

Mais cela demandait de plus en plus de papier ! Le parchemin ne pouvant fournir de telles quantités de matière, on va utiliser du « papier » (inventé en Chine au 2ème siècle de notre ère) fait à partir de vieux chiffons en coton, en lin ou en chanvre.

Ce sera toujours un tirage feuille par feuille jusqu’à la fin du XVIIIème siècle.

Puis le début de la Révolution industrielle en Angleterre va permettre de nombreuses innovations : la première presse entièrement métallique est construite en 1800 et nous en avons vu un exemplaire superbement décoré.

Quelques années plus tard, on utilise la machine à vapeur pour faire fonctionner la presse : cette mécanisation du procédé d’impression permet d’imprimer 3000 feuilles à l’heure. Il faut fournir du papier en continu et on invente du papier fait à partir de cellulose du bois, on produit en rouleaux de 10 à 15 m de long. Les machines vont désormais encrer automatiquement, presser et couper le papier, et nous avons vu un exemplaire de ce type de machine.  A la fin du XIXème siècle sont mises au point les machines rotatives : notre présentateur en a fait tourner une, d’abord lentement puis à la vitesse utilisée dans les ateliers : on ne s’entendait plus ! Et le principal problème des imprimeurs était la surdité.

Nous avons terminé par la plus grande machine à imprimer du Monde, enfin une partie seulement, car la machine entière fait 900 m de long ! C’est une machine qui était à Perpignan et qui a imprimé jusqu’en 2010 la plupart des livres brochés que nous avons eu entre les mains. Elle est en pièces détachées dans les réserves, on n’avait devant nous qu’une toute petite partie, bien moins impressionnante que la rotative.

Nous n’avons pas vu toutes les machines, à peine regardé les vitrines présentant des livres de toute époque, des albums, des journaux….

L’après midi était consacré à deux ateliers :

  • un atelier papier, avec un rappel de l’histoire du papier et la fabrication par chacun d’une feuille de papier ; noter qu’on peut fabriquer du papier avec toutes sortes de végétaux : chanvre, bambou, lin, coton, canne à sucre, bois, ortie, oignon rouge, poireau, tomate…
  • un atelier- composition-impression :      

Ce qui nous a permis de créer cette page glorieuse  et… presque parfaite :

Une journée bien pleine et très enrichissante.  Si votre route passe dans ce coin là, n’hésitez pas à visiter ce musée extraordinaire.

Et si vous passez en Auvergne, allez voir le Moulin à papier Richard-de-Bas, à Ambert.

Une deuxième visite au Centre National de Littérature Jeunesse – septembre 2023

Quoi de mieux qu’une visite du Centre National de Littérature jeunesse (CNLJ)

sous le guidage de M. Christophe PATRIS (1), pour en comprendre l’utilité pour les lecteurs bénévoles de Lire et faire lire ? Telle fut l’opinion de notre petit groupe d’adhérents, fort d’une quinzaine de personnes, à la sortie du site BNF-Tolbiac-François Mitterrand, en ce lundi 25 septembre 2023.

M. PATRIS nous a d’abord introduits dans l’imposante Bibliothèque Nationale de France – Site Tolbiac-François Mitterrand

via une entrée discrète ouvrant au bas de la Tour des Nombres (Tour 3).

Notre regard fut d’abord frappé par le spectacle de larges et longs couloirs, de piliers colossaux, de plafonds immensément hauts. Puis on a remarqué l’habile et claire signalétique, et plusieurs touches sensibles : moquette rouge, plancher de bois exotique, sièges et larges baies vitrées ouvrant à la contemplation du jardin forestier. Nous étions donc entrés dans un temple dédié aux choses de l’esprit, celui qui mémorise, réfléchit,  médite, et prévoit.

M. PATRIS, devant une maquette, nous a décrit les quatre étages de réserves de livres en sous-sol, les quatre tours constituées de sept étages de bureaux surmontés de onze étages de livres et journaux…

Une aussi vaste banque de savoirs, animée par 2000 salariés sur place, est destinée à la conservation des livres français et autres publications à leur mise à disposition d’un public de chercheurs ou des simples particuliers. Elle est l’état actuel du projet formé en 1536-1537 par François 1er, initiateur du Dépôt légal. Ce dernier avait pour objet de constituer une collection de référence, patrimoine irremplaçable pour la collectivité nationale dont il contribue à préserver la mémoire.

M. PATRIS a évoqué d’autres sites complémentaires : Le site historique Richelieu : collections spécialisées, dont monnaies et médailles, manuscrits, photos, estampes, plans et cartes ; Le Centre Jean-Vilar à Avignon : collections sur le thème Théâtre ;  Le Centre national de la presse à Amiens, en chantier: collections de journaux, magazines, mots croisés…

Et puis nous sommes entrés dans la Salle du Centre National de Littérature Jeunesse .(2)

Dans la haute salle, les tables sont stylées mais confortables, il y a du silence, des circulations douces, une ambiance propice à l’attention, à la méditation. Et des classifications faciles à comprendre pour naviguer entre les livres, et puis entre les pages.

Riche d’une collection complète d’albums et publications jeunesse, consultables sur place ou à distance, le CNLJ offre à tous un parfait accueil, des conseils, un accès à une « bibliothèque idéale » (catalogue sur le site numérique BnF, section littérature jeunesse), aux nouveautés, à des séries d’ouvrages classiques, des livres de poésie, des contes à foison, des imprimés (BD-presse-mangas), et à un espace-famille où l’on peut lire aux enfants. 30.000 documents sont accessibles dans la Salle, et 300.000, dans les réserves, attendent les chercheurs et les curieux.

Ici, pas de prêt de livres, les ouvrages ne sortent pas ; c’est d’ailleurs la règle pour tout ce que contient la BNF. Mais, peu à peu, la numérisation de l’essentiel, travail inlassable, permet de mettre à disposition des publications libres de droits d’auteurs. Voir le site BNF-Littérature jeunesse.

L’une des missions principales du CNLJ, formé de 24 salariés, est de travailler en comités de lecture, de réaliser et d’éditer la Revue des livres pour enfants, une publication bimestrielle, dont le numéro de novembre est une sélection des 1000 meilleures publications de l’année.

Il publie aussi un fascicule intitulé Nos cent livres préférés. On y trouve notamment Les trois petits cochons, conte de Julia Chausson (autrice que nous Rencontrerons en mai 2024).

Des événements sont organisés; par exemple il y a eu la rencontre avec Hervé TULLET, en avril 2022 ; Hervé… notre ancien invité ; et aussi les assemblées et autres travaux de Lire et faire lire.

Quelles modalités pour l’accès au CNLJ ?

L’accès est semi-payant : (ticket-lecture/jour : 5€ ; accès gratuit de 17h à20h ; réductions pour les bénévoles de Lire et faire lire).

Les enfants de moins de 16 ans, accompagnés, peuvent accéder les mercredis, week-ends et aux vacances scolaires. Pas d’accès cependant pour les enfants non-accompagnés.

A l’issue de la présentation de M. PATRIS, nous avons pu rester quelque temps sur place pour explorer les rayonnages et consulter quelques ouvrages jeunesse.

Le temps de réaliser comment l’humble travail quotidien, patient, infini de simples humains, mis au service d’une noble et utile programme, peut produire un effet magique et nécessaire pour notre survie, per libros gaudium, la joie par les livres.

Suivons l’actualité du CNLJ grâce à ce lien : https://cnlj.bnf.fr/fr

L’équipe Lire95

Notes :

1.  M. Christophe PATRIS, bibliothécaire, exerce au CNLJ un nombre important de missions, dont celles de responsable des secteurs Presse et Poésie jeunesse, et responsable du comité de lecture Albums.

2.  Historiquement, le CNLJ tire son origine de La Joie par les livres, association loi 1901 créée en 1963 à l’initiative d’une riche mécène, Anne Gruner SCHLUMBERGER, dans le but de créer une bibliothèque pour enfants moderne dans un quartier populaire de Clamart, la Petite Bibliothèque ronde (https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Petite_Biblioth%C3%A8que_ronde).

L’association une fois dissoute en 1972, son fonds sera progressivement transféré à la commune de Clamart. Un Centre de Documentation (CNLE) recevra à partir de 1983 par dépôt légal un exemplaire de tous les livres pour enfants. En 2008, ce Centre sera rattaché à la BNF-Site Tolbiac François-Mitterrand, avec son fonds et ses activités. Il devient alors le CNLJ et poursuit inlassablement l’agrandissement de ses collections.

Une première visite au Centre national de littérature pour la jeunesse

Lundi 17 avril après-midi : dix adhérents de Lire95 se sont retrouvés pour une visite du Centre National de la littérature pour la Jeunesse (CNLJ) au sein de la Bibliothèque Nationale de France dans le 13ème arrondissement. A l’origine, cette institution jeunesse était située à Clamart, sous la dénomination « La joie par les livres ».

Accueillis par M. PATRIS, responsable de la documentation et chargé de la formation , ils ont pu découvrir le mode de fonctionnement de ce Centre.

Celui-ci a été créé en 2009 sur le site Tolbiac-François Mitterrand et est animé par vingt-deux salariés. Chacun, dans sa spécialité, rédige une notice technique sur une sélection des publications jeunesse en français relevant d’éditeurs français, soit environ 80 notices sur  1000 ouvrages mensuels étudiés. Ces notices font l’objet d’une revue publiée tous les deux mois, commercialisée sous format papier par la BNF.

Les œuvres non sélectionnées sont détruites, mais pas de souci, le Dépôt Légal (une institution que l’on doit à François 1er), conserve deux exemplaires de chacune.

Les visiteurs peuvent accéder au CNLJ  moyennant un abonnement annuel ou un ticket individuel. Lors des vacances scolaires, le jeune public peut y accéder également, accompagné d’un adulte. Il s’agit d’un lieu de consultation, et non d’emprunt.

Cette bibliothèque comporte 30 000 ouvrages, qui sont classés par catégorie, avec notamment « l’actualité de l’édition » qui évolue chaque mois. Quant à « la bibliothèque idéale », elle constitue une sélection de plus de 4000 titres.

Aujourd’hui, le CNLJ a étoffé son offre de service en organisant des formations pour les lecteurs jeunesse et les bibliothécaires, des rencontres avec le monde de l’édition, et également des colloques. Sur le site de la BNF (https://cnlj.bnf.fr), on trouve le programme annuel ainsi que toutes les informations nécessaires à une inscription.

Le CNLJ propose également des séances de présentation critique de l’actualité éditoriale pour la jeunesse sous forme de webinaires, accessibles gratuitement.

Un grand merci à Christine SEEBOTH pour l’organisation de cette passionnante rencontre.

Pour ceux qui ont manqué cette séance, une seconde visite sera organisée à la rentrée prochaine. Elle se tiendra nécessairement le lundi (jour de fermeture du site au public). Une date sera proposée ultérieurement.

Françoise DUBOIS