Voici les pépites sélectionnées au Salon de Montreuil :
Pépite album illustré :
Pavel et Mousse, d’Aurore Petit (chez les Fourmis Rouges) : Pavel, un lapin ordinaire trouve un bébé panda dans la forêt et l’adopte. Lorsque Mousse grandit, il ressemble de plus en plus à un panda, ce qui suscite des questions de parentalité et de construction de l’identité ; dès 4 ans.
Pépite fiction junior :
La jeune fille au crâne, de Benoît Richter (chez Nathan) ; dès 10 ans.
Pépite bande dessinée :
Sangliers, de Lisa Blumen (chez L’Employé du Mai) ; dès 12 ans.
Pépite fiction ados :
Courir le vaste monde, d’Alex Cousseau (chez Le Rouergue) ; dès 15 ans.
Pépite d’Or :
Béril en bataille, de Adèle Maury (chez Sarbacane) ; dès 12 ans.
L‘exposition « L’art de l’autre » se poursuit dans les bibliothèques partenaires (dans le Val-d’Oise les partenaires sont les bibliothèques d’Argenteuil, Deuil-la- Barre, Sarcelles, Saint-Ouen-l’Aumône, Saint- Leu-la- Forêt, Auvers-sur-Oise, Roissy en France et Cergy).
Sur le site Kibookin
Kibookin présente dans la Télé du Salon, un entretien avec Benoît Jacques, distingué Grande Ourse 2025 et une interview avec Adèle Maury.
Puis voici la sélection pour les plus jeunes:
Ce petit documentaire ludique et très graphique permet d’initier les enfants au monde des insectes. L’auteur propose un jeu de devinettes à la fois graphique et sonore pour rencontrer une douzaine d’insectes communs. Chaque devinette, sur une double page, présente une étrange créature (la petite bête en bazar). La double page suivante donne la réponse avec quelques particularités de l’espèce. Le livre se termine par une partie plus pédagogique sur les caractéristiques générales des insectes.
L’hiver a recouvert la forêt d’un grand manteau blanc. Volpetto et Basile jouent dans la neige, mais ils sont un peu tristes sans leur ami Lino, le petit loir, qui lui, dort profondément, en pleine hibernation. Résignés à l’idée qu’ils ne peuvent pas le réveiller, les deux amis, pour se sentir quand même proches de lui, décident pour Noël d’aller décorer sa maisonnette, même s’ils savent que Lino ne pourra pas la voir ainsi embellie. Mais voilà, le chant joyeux d’Allegra, la mésange, pourrait bien changer le cours de la nature… et de l´histoire.
Pour la classe d’Olga, la sortie de fin d’année va se faire au bord de la mer… et déguisés ! L’excitation est à son comble ! Sauf qu’après avoir erré dans les rayons du Super Market et même essayé de fabriquer son costume elle-même, c’est l’échec et Olga monte dans le bus déguisée… en rien du tout. La honte ! Mais l’aventure ne fait que commencer !
Ce n’est que la deuxième fois que ce petit garçon voit sa grand-mère venue le garder. Il n’est pas rassuré. Elle est bizarre. Mais bientôt, cette grand-mère pas comme les autres l’invite à se transformer en jaguar aux yeux d’or, et tous deux partent à travers des paysages somptueux. Féroces, intrépides, lestes, félins, comme en rêve ils gravissent des montagnes et boivent de l’eau au goût de clair de lune…
Actualité auteurs/éditeurs
Les Grandes Personnes conseillent :
Voir et Savoir, de Fanny Pageaud : un livre documentaire qui initie aux bases de la botanique contenant sept chapitres (fleurs, fruits, cônes, graines, plantules et bourgeons, feuilles, arbres) magnifiquement illustrés ; dès 8 ans.
La lune, de Henri Galeron : dans ce conte, d’après les frères Grimm, quatre voyageurs décident de dérober la lune pour l’emporter chez eux ; dès 5 ans.
La traversée, de Mathilde Arnaud : un album d’une grande poésie qui nous invite à entreprendre le plus beau des voyages ; dès 3 ans.
Les 400 coups présentent :
Loujain rêve des tournesols, de Lina Alhathoul et Uma Mishra-Newbery avec des illustrations de Rebecca Green (prix Unicef 2026) : Chaque matin, Loujain se remémore son rêve de voler jusqu’au champs où poussent un million de tournesols. Elle a des ailes, mais là où elle vit, les filles n’ont pas la permission de voler; dès 3 ans.
Nous avons reçu Florian début 2024 et son intervention a fait l’objet d’une restitution dans notre blog.
Grâce aux liens conservés, nous avons souhaité nous revoir pour parler de sa nouvelle et superbe production
Nuit Blanche,
album édité en octobre 2025 chez HongFei.
Nous voici donc le samedi 8 novembre 2025, et nous nous rencontrons dans la bouillonnante bibliothèque Colette Vivier, spécialisée jeunesse, décorée par Julia Chausson, à Paris, au cœur des Batignolles. Madame Isabelle Plet, la directrice, nous aimablement prêté son bureau, et tous les personnels prennent bien soin de nous.
Nuit Blanche, son éditeur en parle ainsi :
Le soir d’Halloween, un petit fantôme parti à la chasse aux bonbons perd de vue sa maman et s’égare. Pour Gaspard, déguisé sous un drap, c’est le début d’une nuit blanche. Son aventure le mène de la ville à la forêt et met ses sens et émotions en éveil. Alors que le soleil couchant sublime les paysages et arrête la course des animaux sauvages, la beauté l’emporte sur les inquiétudes de la nuit qui vient. Livré à lui-même, Gaspard se dévoile peu à peu. À l’aube, il entend une voix familière : quel bonheur pour Gaspard qui, cependant, n’est plus tout à fait le même : il a grandi.
Voici un beau livre rouge qui ressemble à un vénérable album de photos, qui enfermerait des choses précieuses, peut-être des images d’autrefois ?
J’ai l’habitude, chez Hong-Fei, de participer à la direction artistique du livre et de la fabrication de l’objet. La couverture est faussement toilée avec des embossements et des volutes. La typographie est soignée, volontairement gothique mais pas trop non plus. Le papier offset aussi a du cachet, c’est le même que pour Bulle d’été. Le mot qui nous a servi de référence pour la création de cette couverture c’est « grimoire ».
Pourquoi grimoire ?
C’est pour le côté magique. La teinte de la couverture fait penser à l’enfance. Petit, avec ma sœur, je fabriquais des grimoires.
Et l’image de couverture ?
Il y a eu une hésitation. Le premier choix était l’image qui figure maintenant en page-titre. C’est une image quasi religieuse, une sorte d’apparition surnaturelle. Mais le côté mystique et religieux me dérange.
L’image de couverture actuelle est d’ailleurs plus habile pour la compréhension de l’histoire puisqu’on voit les pieds du « fantôme ».
Pendant un temps, on a vu souvent du vert et du bleu dans tes albums. Ici vous êtes allé franchement vers le jaune avec des variations lumineuses très marquées. Pourquoi ce changement ?
Si je me suis tourné vers l’orangé, c’est parce que l’usage de l’encre acrylique me permet d’attraper mieux la lumière. J’en avais besoin pour ce récit en lien avec les circonstances du jour qui baisse, qui se lève, et les effets de contre-jour.
C’est aussi la lumière qui interpelle… on en arrive à cligner des yeux, tellement ça éblouit parfois.
Ce n’est d’ailleurs pas la couleur qui créé la lumière, c’est l’ombre. C’est un petit tour de magie. Plus on fonce en s’éloignant de la source de lumière, plus on renforce celle-ci. J’ai étudié cette technique en regardant beaucoup les peintres réalistes à l’huile, des anciens ou des contemporains, et j’ai cherché comment je pouvais transposer. Pour préparer Nuit blanche j’ai beaucoup étudié Luke Williams, un peintre anglais qui travaille la lumière pour montrer des ambiances de forêts, des crépuscules, des couchers de soleil. Les lumières me transmettent tout de suite une émotion et je voulais que le lecteur ressente la même chose avec ce livre. Oui, ici j’ai travaillé la lumière sous toutes ses formes, sous toutes ses coutures. Chaque planche est le résultat de différents essais qui m’ont amusé ou m’ont surpris. Par exemple, j’ai fait des contre-jour de jour et de nuit.. Ce sera pareil dans le prochain livre, on sera encore dans la lumière.
Soulages, avec ses outre-noirs, c’est bien la lumière qu’il a recherchée ?
Exactement. Il a aussi utilisé du brou de noix. Pour le prochain album je vais rajouter dans mes encres acryliques le brou de noix que j’ai acheté au musée de Rodez. Je n’utilise jamais le crayon noir.
Et les formes ?
La simplification des formes me plait beaucoup ; c’est aussi dans Luke Williams. Forme nette, forme floue, on peut aboutir à quelque chose de réaliste, regardez la toile d’araignée en gros plan et le paysage flou par-derrière.
Et le texte, il est bien de vous ici, alors que pour Une maison à hanter on avait celui de Morgane de Cadier ?
Oui, c’est le mien cette fois, donc moins littéraire. Mon expression est plutôt cash, je n’ai pas appris à écrire. C’est souvent introspectif. Mon personnage fait des points sur sa vie, sur ses caprices, sur son étourderie.
Comment procédez-vous pour écrire ?
Je suis parti, comme toujours, d’une image-matrice : celle du fantôme avec les arbres, les ombres et le soleil. Puis j’ai dessiné quatre autres images. J’ai organisé le tout dans un chemin de fer intérieur.
Et ensuite, j’ai brodé le texte. Je ne fais pas de story-board, j’aurais l’impression d’être bridé, de ne plus pouvoir me surprendre. J’introduis des choses extrêmement personnelles, confidentielles. Dans le texte comme dans le dessin. On va retrouver mon chien par exemple, ou encore le portrait d’une personne que j’ai connue. C’est dans ces petits détails qu’on en apprend sur la vraie vie de l’artiste.
FC : Pourtant, les portraits sont sommaires, ce sont souvent de simples profils.
Exactement, je ne veux quand même pas donner trop d’indices, je préfère que le lecteur y mette un petit peu ce qu’il veut. Regardez par exemple cette planche sans texte :
C’est un moment suspendu, c’est l’heure dorée entre le jour et la nuit, j’y ai mis l’air qui passe, l’herbe emportée par le vent, une biche et son faon. L’enfant s’arrête, contemple, et adopte ce champ qui devient sa chambre.
Si on mettait de la musique sur cette histoire, ce serait quoi ?
Je suis plutôt inspiré par le jazz. En créant cet album, je me suis passé une playlist assez mélancolique, avec souvent des morceaux de Philippe Glass par exemple, ou de l’électro. Toujours des musiques sans paroles, ça m’aide et le texte coule quasi automatiquement. Comme instrument je préfère le piano, mais il me faut aussi la batterie pour me défouler.
Quel est ce procédé d’utiliser simultanément le crayon de couleurs et l’encre acrylique ?
C’est bien un procédé à moi, que j’ai « inventé » et dont je suis très content. En 2022/2023, l’Ecole des loisirs m’avait passé commande d’une illustration pour ce qui deviendra La petite souris et le père Noël. C’était l’occasion de sortir des crayons de couleurs et d’expérimenter sans grand risques l’encre acrylique et ce sur l’entièreté du texte. L’encre permet de dégrader très finement les tons et elle produit des couleurs denses et saturées. Ensuite, j’ai entrepris Nuit blanche et j’ai combiné les deux techniques en réalisant les fonds entièrement à l’encre, puis, une fois celle-ci sèche, j’ai rehaussé les motifs avec les crayons de couleurs, par exemple les silhouettes des arbres et j’ai créé des camaïeux d’orange et des ombres.
Et si on parlait cinéma ? Car au fil des pages, on pense aux Oiseaux, à Spectre, et à l’Homme qui en savait trop avec ce chant de la mère qui parvient jusqu’à l’enfant prisonnier : Que sera, sera…
Et on pourrait ajouter Le Lauréat ; pensez à la scène finale quand le couple est assis au fond du bus, sans se regarder, dans un silence très mélancolique. C’est ce que j’ai voulu rendre en montrant la mère et le fils assis dans la voiture du retour et qui regardent chacun dans des directions différentes.
Quand l’enfant retire son costume de fantôme, vous décomposez le mouvement.
Oui là j’ai dessiné des poses clés d’animation. Mais on peut dire aussi que les planches sont des plans que j’ai organisés pour construire un récit. C’est du cinéma d’animation et je peux rendre hommage à Jon Klassen qui est un modèle pour tout, les textures, les couleurs, les cadrages, tout.
Il y a aussi un vrai plan cinématographique de fin dans la dernière image avec cette route sinueuse d‘où la voiture a disparu.
On croit même voir se profiler des monstres dans le décor des arbres, comme si l’histoire vécue était le premier épisode d’une série à suspense…
Alors là, pas du tout, je n’ai rien voulu dire avec ces décors ; ce que vous voyez ou ce que verront les enfants, c’est à découvrir aussi pour moi.
Aucun visage dans les nuages, pas de licorne dans les branches ?
Non, vraiment. Je n’ai absolument rien voulu ! Mais les enfants vont voir des formes, ce seront des regards neufs. Quant à mes nuages, c’est un exercice de style. J’ai pris des photos de vrais nuages dans les environs de Lyon, je les ai recopiés, puis retouchés pour remettre de l’anarchie dans ce que j’ai copié du réel, car trop d’ordre, c’est trop joli, trop composé. Je voulais cependant que les masses soient équilibrées à ma manière. Alors j’ai extrapolé, inventé, et c’est là que j’ai créé quelque chose qui m’a satisfait personnellement.
Et si on parlait maintenant de mysticisme, voire de religiosité, dans cet album ? Il y a une église à un moment, des arbres en forme de piliers, mais surtout il y a ce chemin de croix que forment les poteaux téléphoniques le long de la route où s’éloigne la voiture.
Inconsciemment j’ai dessiné des pylônes en forme de croix ! Mais non, l’église, la forêt, c’était juste les éléments du décor de mon quotidien d’enfant du Jura. Sinon, il y a quand même l’illustration du milieu, il y a cette double planche centrale où le personnage est situé au milieu du ciel.
C’est un rêve dans lequel le héros se voit lui-même ?
Arrivé au milieu du récit, après une première partie réaliste, j’ai voulu une image qui soit ambiguë ; peut-être ai-je voulu dire que le personnage était mort et monté au ciel, moment très triste. Et que toute la suite de l’album est pure fiction, trop belle pour être vraie, trop deux ex machina.
FC : Quand je suis arrivé sur cette planche, j’ai été surpris et je me suis dit : le héros dort dans son champ et rêve qu’il est dans le ciel.
Eh bien, tant mieux, j’ai eu peur que cette métaphore soit trop évidente, qu’on pense trop à la mort ; quand j’étais petit, je pensais beaucoup à la mort, et c’est un reflet très personnel que j’ai placé ici.
FC : Vous avez dédicacé cet album « à l’enfant qui dessinait seul dans sa chambre ». S’il était là maintenant, vous lui diriez quoi ?
A cet enfant qui est moi et tous les autres, je dirais : « tu fais bien de dessiner, continue, ça te servira plus tard. »
FC : Servir à quoi ?
A vivre par la création. Enfant, je créais tout le temps, pas seulement de dessins, mais des masques, des costumes, des objets bricolés. Maintenant, si je n’étais pas dessinateur, je ferais un métier qui nécessite de la création, peu importe, dans la pub, l’écriture, l’architecture, le design. Tiens, des petits films ! C’est là qu’on peut trouver sa liberté, se trouver soi-même. Je sais aussi que c’est une voie qui comporte des risques si on n’a pas les moyens d’y aller.
Et demain ressemble à quoi pour vous?
A un scenario de BD adulte. Mais, à 36 ans, je n’abandonnerai jamais l’illustration, qui est en constante évolution. Au fait, je n’aime pas le mot artiste, je préfère artisan.
Interview réalisée par François Carcassonne pour Lire95
Le 2ème Salon du Livre Jeunesse de Deuil-la-Barre s’est tenu du 19/11 au 23/11/2025 avec la participation active de bénévoles Lire et faire lire.
Ce furent à nouveau de beaux moments de partage intergénérationnel et parental. Grâce à des lectures aux scolaires de la maternelle au CE1 les jeudi et vendredi, plus d’une centaine d’enfants ont été concernés. Et avec des lectures aux enfants et adultes le samedi et le dimanche, c’est presque 170 personnes de plus !
En réussissant cette seconde performance, on a donné un vrai sens à la lecture partagée et on a fait connaître sa richesse.
Les bénévoles Lire et faire lire de Deuil-la-Barre apportent régulièrement leur concours aux Bains de lecture du Salon d’Eaubonne mis en œuvre par Lire95. Que ces partenaires soient chaleureusement félicités pour leurs engagements sincères et réguliers.
Après la découverte de l’Atelier-Musée de l’imprimerie de Malesherbes en janvier et du Cadratin de Jouy-le-Moutier en juin, 10 adhérents de l’association Lire 95 ont visité le jeudi 6 novembre 2025 l’Atelier du Livre d’Art et de l’Estampe de Auby/Flers-en-Escrebieux.
Cet atelier constitue le patrimoine vivant et matériel de l’Imprimerie nationale devenue IN Groupe en 2018 et dont l’existence remonte à François 1er (1538).
Il s’agit d’un lieu unique en Europe, voire dans le monde, de conservation patrimoniale, de transmission des savoirs et de production, qui associe histoire, technique de l’imprimerie et pratique des savoir-faire ancestraux dans une approche créative et artistique.
Nous avons été particulièrement bien accueillis par une équipe de professionnels extrêmement qualifiés, passionnés et conscients de participer chaque jour à la sauvegarde et à la valorisation du patrimoine culturel.
La visite de l’Atelier a débuté par une présentation chronologique de l’avènement des différents caractères typographiques au fil du temps.
De l’imprimerie royale à l’Imprimerie nationale en passant par l’Imprimerie impériale, nous avons découvert les différentes créations typographiques permettant au pouvoir en place d’affirmer leur politique culturelle et leur contrôle de l’édition.
Sous François 1er, première création d’une typographie royale pour le grec ;
Robert Estienne, imprimeur du Roi fit appel à Claude Garamont tailleur et fondeur de lettres qui grava les poinçons des « Grecs du Roi ».
Puis naissance de l’imprimerie royale qui fut fondé par Louis XIII en 1640 à l’instigation de Richelieu. Elle fut chargée d’imprimer tous les actes officiels puis les textes littéraires et religieux.
Nous avons admiré à travers les présentations des différentes vitrines les poinçons typographiques (exemple : « Grandjean » ou « Romain du roi » (authentique typographie de Louis XIV) poinçons gravés par Louis-René Luce) et leur impression.
Trésor de l’Imprimerie nationale, le cabinet des Poinçons, constitue un patrimoine unique au monde avec ses 700 000 pièces gravées dont la plus grande partie est classée au titre des monuments historiques.
Le poinçon est une tige d’acier à l’extrémité de la laquelle le graveur dessine et grave en relief et à l’envers la lettre.
Les compositeurs typographes de l’Atelier disposent de 7 caractères latins exclusifs : Garamont, GrandJean, Luce, Didot impérial, Marcellin-Legrand, Jaugeon et Gauthier ainsi que des caractères orientaux (65 écritures du monde) créés ou acquis au fil des siècles depuis les « Grecs du Roi » gravés par Claude Garamond pour François 1er.
Ensuite, nous avons été invités à une petite démonstration de ces savoir-faire ancestraux, temps fort de notre visite. Nous avons pu admirer la précision des gestes répétés depuis plus de cinq siècles avec la fabrication des caractères mobiles qui se décompose en trois phases : la gravure d’un poinçon, la frappe d’une matrice, la fonte de caractères typographiques (dans un alliage de plomb, d’antimoine et d’étain).
La richesse de l’Atelier, c’est aussi ses artisans et maîtres d’art qui font vivre chaque jour par leur geste une tradition d’excellence : le graveur (poinçon), le fondeur (la matrice), le compositeur typographe qui place chaque lettre mobile et crée un texte, le correcteur… et l’imprimeur.
A partir de la révolution industrielle au 19e siècle, les machines ont permis progressivement l’automatisation des différentes tâches avec la Linotype (qui compose une ligne de matrices) et surtout la Monotype (clavier qui permet la saisie du texte sur bande papier perforée et fondeuse-composeuse intégrée), ces avancées technologiques majeures sont à l’origine de l’essor de la presse quotidienne et de l’édition.
Pour clôturer la visite, Marie Poirot, responsable éditorial de l’Atelier, nous a présenté quelques exemples de la production remarquable récente, véritables chefs-œuvre à tirage restreint, chaque exemplaire est unique.
Le Gardeur de troupeaux, de Fernando Pessoa :
Textes poétiques de Fernando Pessoa composés à la main en Garamont entrelacés d’une dizaine d’aquarelles originales de Gérard Traquandi, illustrations réalisées pour chaque exemplaire au fil de la lecture du peintre, ouvrage unique, émotion garantie.
Vous pouvez aussi consulter une présentation de l’ouvrage. Il s’agit d’une vidéo réalisée à la Bibliothèque « l’Alcazar » de Marseille en présence de l’artiste Gérard Traquandi et disponible sur Youtube à l’adresse suivante :
Le Cantique des cantiques, traduit par Vincent Schmied :
Voyages en Alexandrie, de Robert Lobet et Bruno Doucey :
Nous avons aussi rencontré l’artiste Valia Eydis, actuellement en résidence à l’Atelier pour la fabrication de son dernier ouvrage, Promenade avec Gogol, présenté au Salon de bibliophilie « Pages » ; Palais de la Femme, du 28 au 30 novembre 2025.