Retour sur une rencontre avec Chloé du COLOMBIER le 16 février 2025

Retour sur une rencontre avec Chloé du COLOMBIER le 16 février 2025

Des éléments biographiques que Chloé nous a dévoilés, Il y a bien sûr sa carrière antérieure de graphiste free-lance, qui lui a donné une vraie maîtrise des outils professionnels et des contraintes éditoriales.

Mais on retiendra aussi l’évocation de ses ascendants impliqués dans les sciences de la vie : le grand-père médecin passionné par la faune entomologique et la phytothérapie, la grand-mère professeure de biologie, l’oncle chercheur en agronomie. Tous aimaient la science, le jeu et la poésie, et c’est par ces trois entrées que Chloé a voulu développer son exposé. L’approche ludique lui vient de son père, et l’angle poétique, voire mystique, de sa mère.

Trois entrées que nous pouvons retrouver sur son portfolio en ligne : https://www.chloeducolombier.fr/

La science, ou du moins le vivant, s’invitent en effet toujours dans ses créations : c’est un émerveillement perpétuel, et elle l’a bien transcrit dans ses collections Eveil nature et A l’abri (Ed. Ricochet).

Elle aime par-dessus tout le lien avec les végétaux,

Après avoir assuré la conception graphique de 2 collections de livres d’art jeunesse de Marie Sellier – notre invitée en 2013 – elle a utilisé cette même compétence dans sa collection de livres-objets A l’abri des arbres.

En parallèle elle a cité comme remarquable l’album Cerisier,  d’Amandine Laprun :

Bien sûr, elle adore aussi les animaux, surtout les petits, les phasmes, les papillons, les fourmis, les coccinelles… Avant de les dessiner, elle se documente précisément sur eux, s’immerge dans leur existence, scrute leurs désirs, leurs défis, leur amour obstiné de la vie.

Ses couvertures sont  jolies, poétiques,

Mais Chloé a une prédilection pour les détails réalistes, tels que pattes de sauterelles, moustiques, dégustations de miellat… tous détails qui, selon l’éditeur, ne s’insèrent pas forcément très bien dans une couverture. Alors Chloé les intègre à l’intérieur de l’album ou en 4ème de couverture.

Car elle pense que l’enfant a intérêt à être confronté au réel ; le tout-petit n’a pas besoin d’être « protégé » contre le dur, le rugueux, on peut lui faire toucher une écorce, une pomme de pin, un objet râpeux. Son idée est que la littérature jeunesse, si elle doit être précautionneuse vis-à-vis des jeunes lecteurs, ne doit pas  maquiller la réalité ni s’en abstraire.

Cette affection pour le réel ne l’empêche pas d’inventer une nature purement rêvée.

Voici l’exemple d’une conception de couverture :

Quand elle a commencé à imaginer celle des « P’tits escargots », elle s’est d’abord immergée dans sa propre sensorialité, pour faire émerger ses propres ressentis ; elle a pensé fortement à la pluie, à un potager, à la terre mouillée, à un garçon qui va à la chasse aux escargots. Elle a voulu montrer cet enfant en couverture. Mais cette initiative a été retoquée par l’éditrice. Le projet de Chloé a donc évolué : de l’idée d’un escargot dévoreur de chou, elle est passée à l’idée des garçons qui naissent dans les choux, puis à celle des filles qui naissent dans les roses, puis à celle des escargots qui sont hermaphrodites et enfin s’est dessiné un escargot qui promène son bébé sur son dos.

Les dessins préparatoires, les crayonnés, ce que Chloé nomme les « dessins d’idées », sont la phase solitaire. La suite se fait en équipe avec l’autrice et l’éditrice, dans le cadre d’une forte collaboration et d’un élan commun.

Le jeu, l’invention, la découverte, la sensorialité sont des tremplins vers l’imaginaire.

La lecture à l’enfant comme celle de l’enfant lui-même doivent s’inscrire, selon elle, dans un contexte de jeu. Car celui-ci est un outil efficace pour la transmission et il fait de ces lectures des moments précieux et structurants. « Le jeu crée des ponts entre le réel et l’imaginaire ».

On peut s’amuser de tant de choses :  des expériences des coccinelles,

des métamorphoses des chenilles et papillons,

et même des relations entre les prédateurs et leurs proies !

(Le P’tit Océan)

Dans les albums, l’enfant retrouve son vécu et imagine son avenir. Le livre est la maison idéale où l’on peut tout vivre à l’abri, passé, présent, avenir.

Au médiateur-lecteur de pousser l’avantage en créant pour la séance une atmosphère spéciale, par exemple en faisant écouter en arrière-plan des chants d’oiseaux ou des bruits de la nature. Chloé a même utilisé la musique de Saint-Saens pour mettre l’ambiance autour du P’tit Océan:

Les loisirs créatifs sont un univers qui lui plait ; ainsi a-t-elle créé chez Poppik des vignettes en gommettes repositionnables pour les tout-petits.

Pour la revue suisse Salamandre, elle a créé ce cherche-et-trouve :

Avec Elisabeth Brami ( notre invitée en 2012 ) , elle a inventé un imagier de mots à mimer :

Pour la série des Contes à déplier, elle a illustré Hansel et Gretel. Elle s’est amusée à y introduire plein de ces éléments drôles qui cartonnent chez les enfants : escargot à tête de mort, petites araignées rouges, lapins bleus et roses, millepertuis (plante qui soigne la dépression….). Pour illustrer un tel conte, elle a choisi la carte de l’humour, qui permet à l’enfant de prendre du recul et de s’immerger bien protégé dans une aventure passablement cauchemardesque.

Du jeu à la poésie, il n’y a que l’espace d’un clin d’œil.

Pour Chloé, la poésie est nécessaire  et elle constate un regain poétique dans la période actuelle.

Pour faire rêver, on peut jouer sur les couleurs de la nature, comme dans ce recueil, illustré à la gouache, dont les cinq contes se déroulent dans des continents différents :

(Ici la Bulgarie pour le continent Europe)

En résidence, on peut créer des ateliers d’illustration sur le thème « A quoi rêvent les plantes ? » On peut faire fabriquer aux enfants des colliers de protection faits d’images enfilées.

On peut recueillir les expressions poétiques qui sortent inopinément de la bouche des enfants. Comme celle-ci, à la suite d’une explication sur les graines qui s’envolent pour aller germer tout autour de la Terre :

Merci, le vent ! 

On peut consigner les ressentis racontés des très jeunes enfants, ces éléments matriciels fondateurs des personnalités futures et dont le souvenir sera précieux pour les parents.

Faire éclore la poésie au quotidien, c’est une entreprise qui va bien à Chloé du Colombier. Cela procure des impulsions, de l’entrain, une joie de vivre.

https://www.instagram.com/chloeducolombier/reel/DDfGWRhiPQG/?hl=fr

Pour conclure,

Chloé a signalé son dernier album, créé avec Emmanuelle Grundmann, biologiste et naturaliste :

Que ce soit pour se protéger du danger ou pour préparer un précieux cocon et accueillir leurs petits, les animaux sont d’incroyables architectes! (Note de l’éditeur Ricochet)

Puis elle a évoqué les merveilleux bijoux-étuis d’Hubert Duprat, créés grâce au travail remarquable des larves de trichoptères…

Avant de s’écarter pour les dédicaces, elle a voulu remercier tous les lecteurs de Lire et faire lire, et elle a cité l’anthropologue Michèle Petit :

« Le passeur par son enthousiasme, son regard ou ses gestes rend le livre vivant ; il sait que le contact avec le texte ne passe pas que par l’intellect mais aussi par les émotions et les sens. » 

Enthousiaste, passionnée, à l’écoute de la nature et de tout ce qui est naturel, Chloé du Colombier nous aura bien fait comprendre l’intérêt de son projet profond, qui est fait d’expérimentation, de transmission, de sensibilisation, et qui a pour finalité de contribuer à protéger le vivant qui est autour de nous et, plus que partout, dans les jeunes cerveaux. Nous la remercions pour sa communication et pour les échanges fructueux qu’elle a engendrés.

L’album que nous avons acquis pour notre bibliothèque associative est Hansel et Gretel.

Un livre-objet avec cinq doubles-pages qui s’ouvrent par le haut pour s’immerger pleinement dans l’histoire.

Hansel et Gretel cherchaient leur chemin, lorsqu’ils tombèrent sur une drôle de maison en pain d’épices…   Dépliez les pages pour plonger au coeur du conte et découvrir la suite de l’histoire, tout en rebondissements et surprises!
« Suivez Hansel et Gretel dans la forêt enchantée, découvrez la maison en pain d’épice et rencontrez la terrible sorcière…


Titre recommandé par l’Éducation nationale pour le cycle 2 de l’école primaire 

Retour sur une rencontre avec Emmanuelle HALGAND le 16 janvier 2025

Emmanuelle HALGAND a très rapidement capté l’écoute des adhérents de Lire95 grâce à la clarté et à la pertinence de ses propos. Soucieuse de répondre aussi bien que possible aux besoins des lecteurs bénévoles de Lire et faire lire, elle a axé son exposé sur les éléments utiles de son parcours et de sa technique et elle a dispensé des conseils aux lecteurs bénévoles, en tant que spécialiste de l’image et professionnelle de la médiation.

Elle nous a d’abord exposé son parcours personnel, celui d’une petite fille qui a quitté l’Algérie à l’âge de l’école élémentaire, en emportant avec elle un trésor très personnel, cadeau de sa maîtresse : HULUL, d’Arnold Lobel, qui sera pour la vie son talisman et son catalyseur émotionnel.

Une petite fille qui sera très mal reçue en métropole et devra passer par des épreuves scolaires humiliantes, traumatisantes, heureusement surmontées.

Une jeune fille qui se nourrira de la culture de ses parents basée sur les rapports à la nature et au travail.

Une lycéenne qui ne rencontrera que tardivement  la culture des bibliothèques, des musées, du cinéma, des spectacles.

Une jeune femme qui, grâce à un livre et à toute la science transmise par l’école, deviendra une adepte de la culture et de la transmission.

Une femme qui travaillera dans la médiation culturelle et, après des études d’histoire de l’art,  obtiendra son doctorat (en 2024) sur le thème :  » L’image dans la médiation de l’album jeunesse iconotextuel », thèse qui s’appuie sur l’étude de 500 albums.

Le besoin d’écrire, de transmettre est venu, et en 2015, il s’est concrétisé sous la forme du Voyage des éléphants, publié chez Magellan :

C’est Marc Wiltz, l’éditeur, qui a ensuite confié à Emmanuelle la collection des P’tits Magellan.

Marc Wiltz, qui est venu nous voir le 7 novembre 2019 :

https://lire95.fr/retour-sur-une-rencontre-avec-marc-wiltz-et-francois-xavier-freland-le-7-novembre-2019/

Quelque 30 albums ont suivi. Tous ont été dessinés, mais tous n’ont pas été écrits. La création prend du temps, à raison de 3 ou 4 ouvrages par an.

L’imaginaire s’appuie sur des aspects sombres ou clairs de l’autobiographie : le regret, le manque, l’exclusion, et l’espoir, qui les domine, les transcende par la force de la volonté et de la certitude.

Nous avons demandé à Emmanuelle de nous lire un des textes qu’elle a écrits ; elle a choisi cet album :

Cœurs battants, l’un contre l’autre, roulés-boulés, caresses

Elle a voulu créer une douce musicalité à l’intention des tout-petits d’une crèche. Ses mots sont sélectionnés, expressifs et nobles.

La technique principale d’Emmanuelle HALGAND illustratrice est basée, ce qui surprend souvent, sur l’usage – virtuose – de Photoshop, avec des créations épurées. Des dessins personnels numérisés complètent au besoin.

A la suite, Emmanuelle Halgand a dispensé ses conseils aux lecteurs bénévoles en attirant leur attention sur la nature des images et leur pouvoir émotionnel, qu’elles soient redondantes, disjonctives ou complémentaires.

Toutes font que l’enfant pénètre dans le monde du réel de la fiction et vive une expérience vraie, nécessaire, indispensable.

Emmanuelle conseille de « savoir s’arrêter sur les images, regarder ce qui s’y passe, surtout quand il y a dans l’image un élément complémentaire fort. Il faut prendre le temps sans avoir peur de « perdre » l’écoutant ». 

Elle insiste sur la structure du récit fictionnel, qui repose sur trois temps forts : un démarrage avec un nœud, un problème, une attente, ce qui va générer toute une période d’attente et de rebondissements, puis une période de  résolution.

Emmanuelle montre  l’importance de la couverture d’un album. Avec cet exemple:

Déjà, sous nos yeux, une histoire démarre…

Autre exemple : cette couverture qui ne raconte pas, mais invite, avec son cadrage gros plan et ce regard insistant 

Emmanuelle prête beaucoup d’attention aux couleurs ; elle use par exemple de coloris pastel pour soutenir les paisibles moments du récit, comme elle peut soudain faire exploser la page de couleurs franches qui tapent dans l’œil du lecteur et lui communique leurs vibrations.

Elle conseille au lecteur de s’intéresser au positionnement des personnages dans la double page, et elle nous livre un petit secret de fabrication :

Comme notre œil va de gauche à droite, l’illustrateur situe à gauche ou regardant vers la gauche les personnages en difficulté, tandis que les personnages situés ou regardant à droite sont ceux qui vont dans le sens de la lecture et donc dans la bonne direction.

Ainsi,  dans La lumière de Bouchka : la petite fille est en difficulté ; au début de l’histoire, le profil de celle-ci est orienté à rebours de la lecture ; et par la suite il sera retourné dans le sens de la lecture quand les ennuis de l’héroïne auront cessé.

Le lecteur, sachant tout cela et qu’il peut décortiquer ou non l’album avant de le lire aux enfants, a le choix : soit pratiquer une lecture naïve, pleine d’une émotion partagée avec le ou les enfants et qui emporte les participants côte à côte dans le monde de l’imaginaire ; soit pratiquer une lecture plus experte qui permet de mieux faire valoir le texte et les images tout en se prêtant émotionnellement au jeu.

Dans tous les cas, Emmanuelle Halgand est partisane d’une lecture décomplexée, théâtralisée, enjouée, ouverte aux réactions, aux commentaires, et débouchant sur un dialogue adulte-enfants.

Elle recommande au lecteur-adulte d’avoir près de soi un petit objet médiateur, un petit chat en tissu par exemple, à la fois outil de lecture et présence magique.

Pour conclure, Emmanuelle nous a montré la maison qu’elle a conçue pour l’animation de ses résidences auprès des enfants. Nous irons voir ce qui se trouve sur son site :

https://www.instagram.com/emmanuellehalgand

Passionnée par la littérature jeunesse, généreuse, pédagogue, Emmanuelle Halgand nous a laissé en mémoire l’image d’une personne déterminée, toujours en recherche, et celle d’une alliée du mouvement Lire et faire lire.

Pour  notre bibliothèque associative, nous avons choisi le Chamolivres :

Depuis de nombreuses années, Laila, accompagnée de son chameau Timur, apporte des livres aux enfants des yourtes qui vivent au beau milieu du désert. Cette nuit-là, la tempête se lève…

Nous remercions chaleureusement Emmanuelle Halgand pour son intervention et lui disons à bientôt en d’autres lieux d’échange et de partage.

Les Actus de Marie Lou, mai-juin 2025

En attendant les grandes vacances, voilà une belle sélection pour remplir les valises !

Autour du Salon de Montreuil (https://slpjplus.fr); Lettre du 05/06/2025

Du 18 juin au 20 juillet 2025, le festival de littérature jeunesse Partir en livrerevient pour sa 11°édition avec pour thème : Les animaux et nous. L’objectif est de transmettre le plaisir de la lecture aux enfants et adolescents de 0 à 18 ans (voir aussi toutes les informations sur le site web https://www.partir-en-livre.fr/).

Et voilà l’affiche du Parc d’attractions littéraires !

Sur le site Kibookin

En plus de la sélection des comités de lectures, la sélection thématique du mois de mai vous propose des livres qui invitent à jouer, danser, créer, manipuler et expérimenter en même temps !

La sélection du mois de juin est entièrement dédiée aux animaux, en écho au thème du Parc d’attractions littéraires 2025 : Le Charivari des animaux, et de celui de Partir en livre Les animaux et nous.

La pause Kibookin du mois de mai est consacrée à Sébastien JOANNIEZ à l’occasion de sa récente sélection au Grand Prix du Roman Jeunesse de la Société des Gens de Lettres, pour son roman Des jours comme des nuits.

La pause Kibookin du mois de juin nous fait découvrir l’œuvre de Delphine PERRET qui explore les liens entre l’homme et la nature avec une profonde délicatesse.

Actualité éditeurs/auteurs

Hélium suggère :

  • Un long week-end en canoë, d’Alice OURGHANLIAN : Le papa de Sacha et Basile les emmène camper tout un week-end. L’objectif de l’expédition : faire du canoë ! Entre deux virées en bateau, les enfants observent la nature, tentent de reconnaître les oiseaux, progressent en ricochets…dès 5 ans.
  • Ma journée et moi, de Marcos FARINA : Un album tout-carton au look vintage où les tout-petits se lancent, comme de véritables petits poucets, sur les traces de leur journée. Dès 1 an.

Didier Jeunesse propose :

  • Loup gris et la petite loupiotte, de Gilles BIZOUERNE et Ronan BADEL : Un loup gris plus inventif que jamais, le roi des bonnes idées ; dès 3 ans.
  • Notre lac, d’Angie KANG : Par une journée de chaleur étouffante, un petit garçon suit son grand frère pour aller nager dans le lac, comme ils le faisaient avec leur père. Seulement, cette fois-ci, papa n’est pas là. Et l’eau semble si loin. Comment se jeter à l’eau ? Dès 3 ans.

Les Grandes Personnes nous offrent :

  • Au bout des pieds, de Marie POIRIER : Au bout de tes pieds… tes orteils ? tes chaussettes ? tes chaussures ? Et après ? Ce livre nous emmène dans une promenade, sur un chemin. À la façon d’un marabout, au fil des pages, on est entraînés sur un chemin, jusqu’à… surprise !
    Une manière de décrire le monde, qui donne un sens aux choses en les reliant, et s’ouvre sur l’ailleurs ; dès 3 ans.

L’Etagère du bas propose :

  • Sœurs, de Mélodie BASCHET : un récit sur la sororité, l’enfance, les jeux partagés et le fait de grandir ; dès 6 ans.

Talents Hauts propose :

  • Inès avec accent, d’Annelise HEURTIER et Bérengère DELAPORTE : Cette année, la classe d’Inès va participer à un concours de lecture à voix haute. Brune, la fille la plus populaire de l’école est persuadée que l’accent du Jura d’Inès les empêchera de gagner. Blessée, Inès travaille d’arrache-pied pour faire disparaître son accent. Elle y est pourtant attachée, il lui rappelle ses grands-parents et leurs montagnes aux flancs doux. Inès parviendra-t-elle à assumer son accent et à participer au concours ? Un livre sur la lutte contre la glottophobie et un message de tolérance et d’acceptation de soi ; dès 8 ans.

Gautier Languereau présente :

  • Tous les moments précieux, de Lee SI WON : un conte enchanteur qui célèbre l’amitié et la solidarité ; dès 3 ans.

Les 400 coups suggèrent :

  • Julie Capable, de Thierry LENAIN et Laurent PINABEL : Julie Capable de Rien n’avait qu’une phrase à la bouche depuis que sa maman l’avait quittée : « Je ne suis pas capable ». Mais un soir d’hiver, Julie décida de marcher jusqu’au cimetière. Là, sur la tombe de sa mère, Julie se retrouva entourée de six chats noirs qui lui révélèrent que l’amour transcende la mort, que si sa mère s’en est allée, ce n’est pas par manque d’affection, mais parce qu’elle était habitée par une histoire douloureuse qui l’empoisonnait. Et si ce nouveau bagage permettait à Julie Capable de Rien de devenir Julie Capable de Tout ? Dès 7 ans.
  • Parle, petit loup, de Claudie STANKE et BARROUX : Dans un contexte familial violent, Petit Loup cherche à dire sa peine… Ce n’est que dans les bras de grand-maman qu’il pourra enfin dire son lourd secret. Un album-réconfort pour tous les Petits Loups qui peinent à trouver les mots et l’occasion pour nommer ce qui pèse sur eux ; dès 7 ans.
  • Allons au parc, de Robert SOULIERES et Loïc MEHEE : Au parc tout un monde prend vie pour un père et son fils ; L’imaginaire et le plaisir sont sans limites ; dès 1 an.

Les éditions des Eléphants nous présentent :

  • Une mangue pour Mo : il s’agit du dernier livre du binôme ATINUKE et Angela BROOKSBANK, après Bébé va au marché, Bébé est bien caché, Bintou la casse-cou et En route ! Les auteurs nous proposent une immersion au cœur des paysages d’Afrique de l’Ouest et la rencontre d’une famille au quotidien paisible ; dès 2 ans.

Les Editions courtes et longues nous font découvrir : 

  • Feu ! de Pascale MOISSET et Yves VIALLARD » : Avec l’arrivée de l’été, l’écureuil n’a plus un brin pour se rafraîchir ; tout d’un coup le feu surgit, terrible et dévastateur et poursuit l’écureuil. Quelque temps après le passage de ce dragon destructeur, la nature renaît ; dès 7 ans.

Ricochet propose :

  • Un air de montagne, de Floriane LEROY et Louise ROLLAND : Avec ses nouvelles amies, Nino découvre la liberté, l’amitié et la magie des grandes espaces ; dès 4 ans.
  • Petite étoile dans l’océan, d’Emmanuelle HOUSSAIS : Flora adore aller à la mer. Elle est émerveillée par les coquillages cachés au creux des rochers et les poissons aux mille couleurs. Un jour, son regard croise celui de Petite Étoile, une étrange créature scintillante… ; dès 3 ans.

Hongfei suggère :

  • L’échappée belle de Marta, de Delphine ROUX et Gaëlle DUHAZE : Marta est une oie pâtissière. Lasse et fatiguée, elle rejoint l’île où elle passait ses vacances d’enfance ; dès 7 ans.
  • Bélinda, d’Eléa DOS SANTOS : Bélinda, téméraire, vit avec Léon, casanier. Un jour, elle s’échappe par la fenêtre. C’est le début d’une aventure qui met sens dessus dessous le petit monde de Léon. Un voyage jubilatoire au fil d’une galerie de paysages où résonne l’imaginaire de peintres célèbres ; dès 7 ans.

Cépages propose :

  • L’enterrement de Papigène, d’Esther BACOT : A l’enterrement d’Eugène, son arrière-petit-fils refuse de porter un costume noir : il mettra une robe aussi fleurie que le jardin de Papigène pour rendre hommage aux talents de jardinier d’Eugène ; dès 4 ans.

La Partie nous dévoile :

  • Avez-vous déjà entendu un cheval chanter ?, de Pauline BARZILAI : Dans cet album délicieusement absurde, c’est la voix d’une enfant qui nous guide pour nous raconter ce qu’elle sait et que nous ignorons, ce qu’elle voit, entend et qui nous échappe : les chevaux chantent, mais comme ils sont très timides, il est rare de les entendre ; dès 3 ans.

Quelques nouvelles de nos invités des saisons précédentes :

Adèle TARIEL présente deux nouveaux livres :

  • Peuple de plumes, illustré par Jérôme PEYRAT (éditions Père Fouettard, sous leur nouveau label : Marave). Ce premier roman graphique nous plonge dans un monde imaginaire, dystopique, où les oiseaux, à cause de la pollution de l’air, sont devenus des créatures à corps d’hommes et têtes d’oiseaux, cloués à terre. Ils sont les seuls ici à survivre aux cataclysmes climatiques et seront la voix de la raison pour les humains avec qui ils cohabitent…Dès 11 ans.
  • Le van de Mona, illustré par Baptiste PUAUD (éditions Père Fouettard) : Quel est le secret derrière le mystérieux van caché au fond du garage de Mamie Mona ? Liam va tout faire pour la convaincre de lui raconter son histoire… Et surtout de se lancer dans un road trip enflammé ! Dès 6 ans.

Agnès DOMERGUE propose Le Silence des porcelaines, illustré par Valérie LINDER  (chez Cotcotcot) : un récit intime de la rencontre entre un chat sauvage gris souris et une enfant abordant le chagrin de la perte ; dès 3 ans.

Bernadette GERVAIS conjugue humour et poésie pour inviter le petit lecteur à regarder les mouvements de la nature dans  Où est passé le vent ? (chez La Partie) ; dès 2 ans.

Didier LEVY dévoile : Charlie’s Follies (chez Sarbacane) : l’auteur nous invite à découvrir les secrets d’un nouvel atelier merveilleux, un album sur la créativité, l’imagination mais aussi sur l’attachement ; dès 5 ans.

Et aussi :

La BNF organise une exposition en hommage à l’autrice et illustratrice SARA, que nous avons reçue en 2011, et qui décédée en août 2023. L’artiste était connue pour son travail si singulier, dans lequel elle utilisait des papiers déchirés pour exprimer avec force la narration et les émotions de ses personnages (accès libre du 24/06 au 7/09 /2025).

Bonnes vacances à tous !

Marie Lou

Une visite au Cadratin de Jouy-le-Moutier

Jeudi 5 juin 2025, 15 adhérents de l’association Lire 95 ont pu visiter le Cadratin de Jouy, situé au 33, avenue des Tremblays à Jouy -Le-Moutier.

Nous avons été accueillis par Sonia et Adam, ancien imprimeur et trésorier de l’association, qui nous a expliqué avec beaucoup de gentillesse et de passion l’art de la typographie et la lithographie.

Cette association, créée il y a plus de 35 ans, est composée de membres passionnés par l’imprimerie ancienne, et y ayant travaillé pour nombre d’entre eux. Elle permet de retrouver et de pratiquer des techniques d’un autre temps, d’approcher la conception et la production d’un livre et ainsi de contribuer à la sauvegarde du patrimoine.

Sauvegarde de la mémoire d’une industrie essentielle dans l’évolution de nos sociétés, le Cadratin de Jouy est également un atelier vivant, et un formidable outil de transmission d’un savoir-faire (aujourd’hui quasiment disparu) auprès de jeunes publics et d’amateurs passionnés.

La typographie regroupe les différents éléments d’impression, utilisant des caractères et des formes en relief et assure la meilleure lisibilité du texte. Nous avons vu les tiroirs remplis de caractères mobiles et découvert en quoi consiste la composition manuelle, ce qu’est une machine à composition mécanique avec une linotype ou monotype, la fonction de typographe…

Nous avons pu admirer les magnifiques matériels acquis au fil du temps (certains datant de 1905), tous parfaitement entretenus et restaurés, et assister à une démonstration avec une presse à épreuve.

Adam nous a également montré et expliqué le procédé de la lithographie qui consiste à exécuter un dessin sur une pierre calcaire avec un corps gras et ensuite imprimer sur une presse à bras qui garantit l’authenticité d’une lithographie.

Enfin, un documentaire très instructif sur la linotype, une machine à composition au plomb permettant de produire la forme imprimante d’une ligne de texte d’un seul tenant, et la lithographie a complété les explications données.

Bref, une visite très enrichissante et pleine de découvertes pour nos bénévoles.

En guise de travaux pratiques, quelques adhérents avaient apporté un texte qui a été imprimé sur place selon les techniques anciennes, beau souvenir de cette visite…

Encore merci à l’équipe du Cadratin pour l’accueil et leur gentillesse !