Les Actus de Marie Lou, mai-juin 2026

Les Actus de Marie Lou, mai-juin 2026

Chers Lecteurs,

Voici une belle sélection de beaux livres qui emmèneront les enfants au bout du monde, même en restant chez eux.

Autour du Salon de Montreuil (https://slpjplus.fr)

Le SLPJ est à la recherche de ses prochain.e.s juré.e.s pour les Pépites du Salon, on peut candidater sur le site.

En écho au thème de Partir en Livre, découvrez la bibliographie du Parc d’attractions littéraires, Missions accomplies !  Les albums de Marie DESPLECHIN et Magali LE HUCHE célèbrent la force et l’imaginaire de l’enfance.

Sur le site Kibookin

En plus de la sélection par tranches d’âge, Kibookin présente une sélection qui nous fait découvrir des parcours de vie extraordinaires et inspirants.

La pause Kibookin est consacrée à Thomas SCOTTO qui évoque, parmi plusieurs souvenirs de lecture, l’influence, dans son travail d’écriture, de la chanteuse Anne SYLVESTRE, décédée en 2020 :

Actualité éditeurs/auteurs

Les Fourmis Rouges présentent :

  • Mira, notre chien, de Delphine PERRET: le quotidien de deux sœurs et de leur chien raconté par l’une d’elles: ce qu’elle sent, entend, touche et ce que sa sœur lui décrit. Une matière poétique d’évoquer la cécité ; dès 5 ans.

La Partie nous conseille :

  • Bubulle, de Mamiko SHIOTANI : une histoire sur la différence, les limites de la résilience et l’amitié qui trouve toujours des solutions ; dès 4 ans.
  • Tambouille, de Lisa MOUCHET : dans la vallée des Haies-Trange, les Grandes-Personnes ont toujours un tas de choses à faire pendant que les Petites-Personnes comme Tambouille, rêvent et jouent. Un récit où la débrouille et l’entraide restent la meilleure des recettes ; dès 4 ans.

Les 400 coups proposent :

  • Où est mon museau, de Lucas ZANOTTO : ce n’est pas facile pour un chien de trouver son museau ; dès 2 ans.
  • Le tigre de Val-Morin, d’Agathe BRAY-BOURRET: Clara est timide et introvertie et s’amuse à se déguiser, mais les quiproquos s’enchaînent et l’obligent de se réfugier… avant de revenir vers les siens ; dès 5 ans.

Les éditions Courtes et longues nous font découvrir :

  • Rivière, de Pascale MOISSET et Yves VIALLARD : au cœur d’une nature vibrante, une rivière s’écoule, généreuse et nourricière. Elle est le centre du monde où tous les êtres vivants évoluent en harmonie avec elle. Mais un jour la tristesse d’une petite créature l’émeut et interrompt le cycle de joie ; dès 5 ans.

Cépages propose :

  • Les petits pas, de MANECH et Morgane BELLEC : une histoire tendre sur les premiers pas d’un enfant… et les suivants avec un graphisme qui rend hommage à la lumière du littoral breton ; dès 3 ans.

Hélium conseille :

  • Je vois rouge, de Harry GRUYAERT : une excellente introduction à la photographie et une immersion ludique dans le travail de l’auteur, un voyage haut en couleur guidé par des questions à partager entre adultes et enfants ; dès 6 ans.
  • Croquer une belle pomme, de Jin JOO et Lee GA HEE: le jour où Ji-gu est né, son grand-père a planté un pommier dans le jardin, mais il n’a jamais donné des pommes mûres. Un album photographique coloré pour apprendre la patience ; dès 6 ans.

Gallimard Jeunesse propose :

  • Incendie! de Pénélope BAGIEU : un documentaire sur les feux de forêt et les Canadair ; dès 7 ans.

Les éditions des Eléphants nous présentent :

  • L’oiseau fait son nid, de Agnès DEBACKER et Irène SCHOCH : petit à petit, l’oiseau fait son nid mais à chaque épreuve il doit recommencer, après tout c’est ça la vie ; dès 3 ans.

Ricochet suggère :

  • Les fils argentés de maman, de Gwénola MORIZUR et Fanny MONTGERMONT : dans les bras de sa maman, un petit garçon se blottit mais son endroit préféré c’est sa longue chevelure où des fils d’argent se sont invités avec le temps ; dès 4 ans.

La Joie de Lire conseille :

  • Marre de Marsa, de Sigi ZHANG : une merveilleuse petite histoire sur toutes les facettes de l’attachement, sur le besoin de partager, parfois si fort qu’il donne envie de partir… mais pour mieux revenir ; dès 3 ans.
  • L’odeur d’une journée d’été, de Clémence SABBAGH et Emma Lidia SQUILLARI : de délicieuses odeurs d’enfance au fil des pages ; dès 5 ans.

Talents Hauts préconise :

Les animaux, de Laurence FARON et Camille CARREAU : un imagier qui prend les stéréotypes à rebrousse-poil ; dès 2 ans.

Cot Cot Cot propose :

  • La vie ne me fait pas peur, de Maya ANGELOU, album illustré avec des peintures de Jean-Michel BASQUIAT. Publié en 1993, sous le titre Life doesn’t Frighten Me, c’est un chef-d’œuvre de la littérature jeunesse américaine. Le poème nous invite à trouver nous-mêmes le courage d’affronter nos peurs d’enfant, nos peurs d’adulte et les peintures de BASQUIAT lui répondent de manière saisissante (traduit par Lisette et Julie LOMBE et Joëlle SAMBI).

Des nouvelles d’un invité de cette saison :

Stéphane KIEHL (notre invité du 07/04/2026) nous présente :

  • Rose : un texte fort et des illustrations poétiques qui nous plongent dans la douceur du rêve et de l’émerveillement de la nature et les petites choses qui nous entourent ; dès 3 ans (chez La Martinière Jeunesse).
  • Nuit noire, Nuit blanche : un album qui aborde la peur du noir à travers un jeu d’oppositions ; dès 2 ans (auteur Alice de NUSSY chez Grasset).

A noter aussi :

A l’occasion de l’anniversaire de la première édition française en avril 1946 du Petit Prince d’Antoine de SAINT-EXUPERY, le célèbre studio de création MinaLima ré-imagine ce livre-culte à travers une centaine d’illustrations et huit animations spectaculaires ; dès 7 ans (chez Gallimard Jeunesse).

Je vous souhaite à tous un bel été rempli de soleil et de belles lectures avec les enfants.

Marie Lou

Retour sur une rencontre avec Elena SELENA le 15 janvier 2026

Qui est-elle, cette artiste, qui est aussi

autrice, illustratrice, ingénieure papier et scénariste ?

Elle nous a dit qu’elle est née en 1993 à Vilnius, capitale d’un petit pays de  2.8  M d’habitants, la Lituanie, si lointaine et si proche de son cœur et dont elle s’est volontairement exilée. Elle fait partie de la première génération de l’Indépendance (mars 1990), et si avec sa famille elle a vécu bien des difficultés de tous ordres, elle a puisé dans l’élan de ce pays nouveau. Sa chance a été de naître dans une famille d’artistes, où le père était  céramiste et l’oncle et parrain, Liudvikas Jakimavičius, poète. Son quartier, c’était Uzupis, une sorte de Montmartre, plus ou moins en ruines à l’époque, mais où les enfants jouissaient d’une joyeuse liberté de mouvement et d’expression.

Son goût pour la créativité et pour la lecture a été encouragé par sa famille. Elle disposait d’un mur dans sa chambre pour y dessiner ce qu’elle voulait. Elle écrivait des histoires pour sa petite sœur de 4 ans. Elle fabriquait des marionnettes. Et toute son enfance, elle a été une lectrice boulimique et passionnée.

Ses admirations, c’était, et c’est d’ailleurs toujours, la suédoise Astrid LINDGREN, créatrice de Fifi Brindacier et de Zozo la tornade :

C’est aussi la finlandaise Tove JANSSON, la créatrice des Moomins, de mignons petits hippopotames blancs,

C’est l’allemand JANOSCH, qui a mis en scène les aventures pleines d’humour de Petit Tigre et Petit Ours,

C’est le tchèque-allemand Ottfried PREUSSLER, si tendre et si touchant avec son petit fantôme et son brigand Briquambroque,

Après le bac, Elena a opté pour les Beaux-Arts de Vilnius (option illustration). Puis, grâce à Erasmus, elle est venue chez nous se former à l’Ecole Estienne, puis aux Arts décoratifs (option scénographie).

A Paris, sa rencontre avec Gérard Lo Monaco, illustrateur et décorateur de théâtre, dit le « magicien du papier »*, l’a faite entrer dans un univers qui l’a conquise, celui du pop-up.

Pour son diplôme, elle a consacré une année à la création d’un pop-up dont le récit est l’histoire d’un petit garçon qui s’endort et puis se réveille dans un jardin « peuplé de créatures fantastiques » ; ce travail a ensuite donné l’album Jardin bleu (2017), « sorti des profondeurs de son inconscient ».

Au fond de cet inconscient, n’y aurait-il pas la Lituanie, un pays autrefois sous la botte, écrasé, mis à plat, bouclé comme un livre cadenassé ?

Or le pop-up c’est justement le livre qui s’ouvre, la liberté trouvée : au fil des pages se déploient les images, surgissent des scènes vivantes et se produit le théâtre de la vie.

Dans cette œuvre traitée en volume, l’autrice elle-même, redevenue toute petite comme Alice, va s’immiscer en ouvrant grand  ses yeux d’autrefois. Et ce qu’elle y voit, c’est un monde qui n’est qu’à elle.

Ensuite, ce monde, elle le propose à d’autres enfants, à sa propre petite fille aussi, pour qu’ils le testent à leur tour, à la lumière de leur imaginaire, et peut-être se l’approprient, pourvu qu’il y trouvent des détails qui leur parlent : phrases, formes, couleurs, personnages, situations, atmosphères.

Pour parvenir à de tels produits finis, quelle ingéniosité ! Il faut se casser la tête (à raison d’un album par an, à bricoler des images, découper des papiers, mettre de la colle partout, faire des montages hasardeux, des créations aléatoires. Mais elle aime ces contraintes.

Auparavant, l’apprentissage a été nécessaire: Elena a fait le sien chez l’ingénieur papier Olivier CHARBONNEL. Une fois maîtrisée la technique, elle a pu pousser sa liberté, son inventivité. Elle s’est mise à découper de plus en plus finement, rejoignant la façon lituanienne d’autrefois. Elle sait retravailler les maquettes à l’aide de son logiciel vectoriel. Ensuite il faut trouver un juste équilibre entre l’œuvre rêvée et l’œuvre vendable ; pas question d’aller faire des livres d’artistes ; des compromis entre l’autrice et l’éditeur (ici Gallimard) permettent de concilier esthétique et rentabilité.

Quant à la fabrication elle-même, elle se fait en Chine, car c’est dans ce vieux pays qu’on trouve les meilleurs connaisseurs du papier et que les capacités immenses de l’industrie papetière permettent d’avoir des tirages à moindre coût.

L’image seule n’est rien pour Elena. Le texte est le plus important, il est le fil rouge qui relie l’album. Il parle au lecteur de ce qui est invisible, il évoque les émotions, provoque les bruits, suscite les odeurs. Il aide le lecteur à s’immerger dans le décor. Ses phrases sont souvent comparables à des haïkus, parce que la poésie a la vertu de stimuler l’imagination dès l’enfance.

Voici les albums qu’elle a choisis de nous montrer et qu’elle nous a lus spontanément :

Jardin bleu, où elle a voulu se jouer de l’ambiguïté des choses, qui sont telles le jour, et telles autres la nuit.

Océans, qui plonge le lecteur dans un univers de merveilles naturelles,

Voyage, où il est question de migration, de départ mais aussi de retour, et de boucles toujours renouvelées,

Neige, où elle parle de la séparation, un thème essentiel pour les petits,

Loups,

qui lui rappelle son pays natal, et aussi son grand-père, exilé dans la taïga russe.

Elle crée en ce moment un album de papiers découpés, D’où viens-tu ? qui parle de racines et de transmission ; à paraître en juin 2026 chez les Grandes personnes.

Elena a répondu à des questions de l’auditoire :

  • Les pop-up sont-ils fragiles au point que les enfants ne doivent pas y toucher ? Elle nous dit que oui, « le pop-up est fragile comme toute chose vivante », et il nous revient donc, à nous adultes, d’enseigner aux enfants l’art de manier cette fragilité (ce qu’elle fait avec sa petite fille de 4 ans).
  • Pourquoi tant parler de la nature ? Sa réponse : son pays est tout axé sur la nature, avec ses lacs, ses rivières, ses forêts, son froid, ses animaux sauvages ; mais tous les pays sont faits d’éléments naturels, alors elle fait de son mieux pour que les enfants prennent l’habitude de se préoccuper de la sauvegarde de la nature.
  • A quels enfants s’adresse-t-elle ? Sa préférence va aux enfants issus des milieux moins favorisés, où les parents sont souvent éloignés de la lecture. Sans de tels objectifs, son travail n’aurait pas de sens.

Elena a-t-elle des projets ? Un retour au pays ?   Non, professionnellement il vaut mieux être en France, et puis dans les pays baltes la situation géopolitique crée trop d’incertitudes.

Un livre d’artiste ? Peut-être un jour, en sérigraphie.

Un autre album à citer ? Oui, c’est la traduction en français par l’éditeur Qilinn de Les Moomins et la comète, que Macmillan Children’s Book a publié afin de célébrer les 80 ans de ces petits trolls.

Une autre activité ? Oui, Elena commence une carrière dans le théâtre, avec une adaptation de Neige, intitulée « Le petit renard et l’hiver » ; un spectacle donné par la troupe du théâtre de Kaunas, la 2ème ville de Lituanie.

Les retours de l’auditoire et de l’équipe lire95

La rencontre avec Elena nous a transportés dans un monde féerique et d’une grande tendresse.

Elena a su très bien nous décrire son pays et son enfance bercée par la nature omniprésente

Des albums doux et poétiques, une expression maîtrisée

Des créations toutes en délicatesse et d’apparence fragile comme de la dentelle.

Une énorme volonté et beaucoup de caractère, qui lui ont permis de quitter son pays natal et de se lancer dans une aventure professionnelle incertaine et difficile au départ.

Vu son jeune âge elle saura encore nous offrir de belles pépites.

Merci, Elena, pour votre investissement bienveillant en faveur de nos attentes !

Le livre pop-up que nous avons acquis pour notre bibliothèque associative est

Il contient 6 récits :

Roule Galette – Blancheline – L’Oiseau de pluie – La Vache Orange – Une histoire d’ours et d’élans – Michka.

(Flammarion- Les albums du Père Castor – 2024)

Retour sur une rencontre avec Laurent CORVAISIER, le 4 décembre 2025

Laurent CORVAISIER a rapidement capté l’attention de l’auditoire grâce à sa façon directe et franche de se présenter et de parler de son oeuvre. La singularité de son discours, proche parfois de la confidence, très souvent complice, mêlé de touches d’humour,  enjoué et partageur, a fait mouche.

Ce dessinateur-né a vu ses talents mis en valeur par sa mère, qui avait senti l’intérêt de le pousser dans la voie artistique. Né au Havre, il a vite appris à rêver de voyages sur le Normandie ou le France, et à s’éprendre de peintures d’autres natifs, Claude Monet, Raoul Dufy, Georges Braque, Jean Dubuffet…

Laurent a eu la joie de pouvoir y peindre un bus, extérieur et intérieur !

Lui-même ne s’est d’ailleurs pas éloigné de cette côte, puisque sa maison est près de Pourville-sur-mer, non loin de Dieppe.

Ses études l’ont amené à Paris, à l’école Duperré (arts appliqués), puis à l’Ecole Nationale des Arts décoratifs, où il a étudié la gravure. Aujourd’hui il enseigne dans la section « illustration » du lycée d’arts graphiques Corvisart à Paris.

Voyageant beaucoup dans le vaste monde pour des résidences ou des expositions, il en a rapporté mille images :

Il nous a dit ses bonheurs familiaux avec sa femme Klara, graphiste, et ses enfants, garçons et fille.

Il nous a dit son décalage d’avec la vie courante, son inaptitude à conduire par exemple, à satisfaire aux petites obligations pratiques de la vie quotidienne. Il dit qu’il est un « cas », comme le sont beaucoup d’artistes.

Mais un cas qui va bien parce qu’il a trouvé sa voie grâce à la création permanente, à l’enseignement qu’il donne et aux choses qu’il apprend de ses étudiants et généralement de tous ceux qu’il rencontre.

Il appelle « travail » chacune de ses activités parce qu’aucune ne le laisse en repos. Son enseignement, c’est l’occasion de s’instruire et de se perfectionner dans les échanges constants  avec ses étudiants et ses collègues. Voyager, c’est emporter des carnets pour dessiner sans cesse, observer tout ce qui passe, ressentir, créer des liens, laisser des traces. Créer des œuvres personnelles, c’est souvent faire du neuf en lien avec ses souvenirs.

Trouver des moments suspendus, qui sont de vraies courtes vacances, c’est par exemple enfourcher son vélo pour aller au Louvre. Ainsi travaille-t-il sans cesse parce que c’est le moyen « d’ouvrir des pistes ».

Pour créer, il lui faut toujours le même format de carnet, le même papier d’art ( BSK RIVES 250g.), 2 ou 3 couleurs, le même minutage (1 portrait/1 heure ; 1 livre/3 semaines). Il lui faut d’abord observer scrupuleusement, puis laisser remonter les bribes des souvenirs enfouis, faire monter l’émotion, saisir le vif dans l’inerte.

Il dit que ses dessins sont « atmosphériques ». 

Il fait vite, il simplifie, et avec souplesse, les formes « se  répondent les unes aux autres », il n’est question que de rythmes, jusqu’à ce que, dans une tension finale, la vie se manifeste et signe l’achèvement de l’œuvre.

C’est pour cela qu’il se dit  artiste et non artisan.

Laurent illustre des livres pour enfants, mais il ne travaille pas pour les enfants. Les éditeurs jeunesse le sollicitent et non l’inverse. Par exemple trente livres chez Rue du Monde ! Il dit que c’est une chance de travailler avec Alain Serres, un si grand poète.

Et il a la chance d’illustrer de la poésie, car celle-ci permet « d’accéder à la liberté ». Dans ses images, il met des ombres qui ouvrent à du mystère, il met des choses bizarres, « tordues », «  en déséquilibre ». Peut-être pour pouvoir, par de soudaines lignes droites, régler son compte au désordre et se rétablir dans un cadre affermi.

Il aime les regards perdus, les yeux fermés. Il aime les visages totémiques, tel celui de Klara, qui est ainsi présente un peu partout dans les peintures.

Sa couleur préférée est le bleu, avec toutes ses nuances. Car il est en quête de profondeur, on pourrait dire d’extra-lucidité.

Il nous a apporté les illustrations originales du livre Ce que poète désire: une anthologie de poèmes pour la jeunesse d’Abdellatif Laâbi.

Il nous a montré aussi des images de L’appel du large, album écrit par Cathy ITAK, au service duquel il a mis ses dessins après un long dialogue avec l’autrice.

Laurent Corvaisier serait-il un enfant qui continuerait toute sa vie à « se raconter des histoires» ? Ce n’est pas une évidence, car il aime aussi les « idées frontales, très directes » et grâce aux commandes du Monde et à sa propre capacité à produire rapidement, il sait réaliser des dessins de presse percutants qui lui confèrent un rôle social d’adulte investi.

Ainsi a-t-il illustré un dossier sur les effets de la dissolution de l’Assemblée nationale :

Et voici une autre illustration parlante sur le thème de l‘inceste :

L’intime qu’il infuse en lui est celui qu’il perce dans les autres. C’est la sève sensible qui, loin d’éloigner du monde ce créateur, l’y propulse en le plongeant dans des réalités parfois rétives, brutes ou cruelles.

Une habitante de Douchy-les-Mines (commande publique)

On pourrait se rappeler ce mot d’Arthur Rimbaud: « Le poète se fait voyant ».

A la fin de son exposé, Laurent CORVAISIER, nous a invités à regarder une photo de Marco Giacomelli, qu’il tient pour le plus grand des photographes.

Totem, fétiche, talisman ?

Son projet de janvier 2026 : Une exposition de paysages à Souillac

Retours de l’auditoire

Si vous souhaitez en savoir plus sur Laurent CORVAISIER, suivez ce lien:

https://www.ricochet-jeunes.org/articles/rencontre-avec-laurent-corvaisier-un-humain-qui-peint-de-la-poesie-jeunesse

https://www.ricochet-jeunes.org/articles/rencontre-avec-laurent-corvaisier-un-humain-qui-peint-de-la-poesie-jeunesse

Cette rencontre fut un pur bonheur: c est effectivement un humain qui peint.
Beaucoup de générosité, de candeur sans être naïf, et un état d esprit ouvert , curieux et toujours dans l’ envie de comprendre, de saisir la vie.
Un peps qui fait du bien.


Laurent Corvaisier est un grand artiste qui a su nous captiver, nous emporter en voyage à travers son œuvre.


Pour moi une des meilleures rencontres à laquelle j’ai assisté. Et non dépourvue d’humour ce qui n’est pas négligeable…

Une dimension humaine (ou humaniste?), un mélange de
simplicité, de confiance envers son public, de sincérité, de
spontanéité.

 

L’album que nous avons acquis pour notre bibliothèque associative est :

Entrez dans l’atelier d’un peintre ! Promenez-vous parmi les mélanges de couleurs sur sa palette, découvrez toutes les étapes de la réalisation d’une toile, vivez l’angoisse et le bonheur d’une grande exposition, plus encore, remontez avec lui sa vie jusqu’aux rues de son enfance où déjà il dessinait, il apprenait… Au travers de l’oeuvre du peintre et illustrateur Laurent Corvaisier, cet album invite chacun à un fascinant voyage au pays de l’art et de la création (notice Babelio).

Sa dédicace

Les Actus de Marie-Lou, avril 2026

Un printemps toujours aussi riche…

Autour du Salon de Montreuil (https://slpjplus.fr)

Sur le site Kibookin

En plus de la sélection par tranches d’âge, Kibookin présente une sélection toute en sensations pour appréhender le monde autrement.

La pause Kibookin est consacrée à l’auteur et scénariste Guillaume NAIL, fervent défenseur des questions d’égalité et de diversité. À l’occasion de la sortie de son dernier-né Madou en cinq actes, roman d’apprentissage dans lequel l’héroïne se cherche et se trouve à travers le théâtre, Guillaume NAIL revient sur son parcours. Une vie fourmillante de métiers, d’expériences, de passions et de projets… à découvrir en cinq actes ! dès 14 ans (chez Milan).

Actualité éditeurs/auteurs

Les Fourmis Rouges présentent :

  • Jean-Louite, de Maia SANDOZ et Jean-Baptiste DROUOT : on ne coiffe bien qu’avec le cœur, tout le reste c’est du démêlant ! Dans le troupeau de Jean-Louite, les biquettes doivent passer l’épreuve pour devenir coiffeuses itinérantes. Une histoire d’acceptation et de confiance en soi ; dès 4 ans.

Rue du monde nous fait découvrir :

  • Mes premiers poèmes pour la liberté, l’égalité et la fraternité : une anthologie coordonnée par Alain SERRES et illustrée par Lucile PLACIN : des poètes d’aujourd’hui font jaillir des textes pour les 7/12 ans, à partir du célèbre « haiku » gravé au fronton des mairies : Liberté, Egalité, Fraternité.
  • J’ai droit à la poésie, d’Alain SERRES et Aurélia FRONTY : la poésie a mille visages, on apprend à la trouver partout où elle se cache et même à jouer à créer soi-même un poème ; dès 5 ans.

Les 400 coups proposent :

  • La grande peur de Popote, d’Olivier DUTTO et Matthieu MAUDET: Popote la petite crotte adore regarder le paysage au-dehors et décide enfin malgré sa peur de sortir ; dès 6 mois.
  • Panique au potager, de Jean-Baptiste DROUOT et Maud LEGRAND : un album décalé où fruits et légumes ont chacun une personnalité bien propre, mais ont tous un but commun; dès 5 ans.

Hongfei préconise :

  • Mais où vont les avions?  de Sophie PULS : un tout-carton pour les tout-petits dans lequel on part en voyage à travers des paysages variés; dès 1 an.
  • La folle journée d’un escargot, de DA WU: aider un escargot à aller plus vite… ça ne peut faire de mal à personne, vraiment ? En chemin vers la ville, deux frères aident un escargot à accélérer ; dès 5 ans.

Les éditions Courtes et Longues proposent :

  • J’ai rêvé de Préhistoire , d’Arthur DREYFUS et Jean-Jacques HUBLIN, auteurs, et Léa LOUIS, illustratrice : oubliez tout ce que vous pensiez savoir sur l’âge de pierre. Un documentaire jeunesse, inédit et le premier co-édité par le Collège de France bouscule nos certitudes ; dès 6 ans.
  • Mon Chien savant, d’Isabelle SIMLER: l’autrice lève le voile sur le génie caché de nos chiens dans un docufiction aussi beau et intéressant que drôle et poétique ; dès 3 ans.

Le Diplodocus nous incite à lire :

  • Tempo bleu, de Morgane BELLEC : le deuxième tome de la trilogie Rivages aborde le thème de l’eau. Une enfant évoque toutes les métamorphoses de l’eau et ses usages. La trilogie Rivages est consacrée à la beauté de la nature et aux sensations qu’elle procure ; dès 3 ans.

Hélium nous fait découvrir :

  • Baveux anniversaire, Icare ! de Vincent GUIGUE et Charlotte LEMAIRE : Suzie et Nono ont beau être des escargots, quand il s’agit d’anniversaire, ils n’y vont pas mollo ; dès 4 ans.

Sarbacane préconise :

  • Tu vas adorer, de Marta ORZEL : une jeune fille part à l’aventure avec son chien Hercule, qui ne semble pas se réjouir autant que sa maîtresse ; dès 3 ans.

Ricochet propose :

  • Les p’tits renards, de Claire LECOEUVRE et Chloé du COLOMBIER :

un documentaire empreint de narration et de poésie ; dès 3 ans.

Et aussi :

  • Réécouter sur le site de la CNLJ.BNF, la rencontre du 17 décembre 2021, avec May ANGELI, décédée le 11 avril dernier. Immense artiste, excellant dans de nombreuses techniques, elle a créé et illustré pendant 60 ans des ouvrages pour la jeunesse. Son dernier album, Cache-Noisettes, a été édité en 2025 aux éditions des Eléphants.
  • Le prestigieux prix Astrid-Lindgren a été décerné à l’auteur-illustrateur canadien Jon KLASSEN pour son style minimaliste, ses textes espiègles et sa manière de dépeindre les difficultés de la vie avec émotion et humour.
  • Le jury du prix Sorcières 2026 a récompensé les 6 titres suivants :

36 mois, de Julia SPIERS (chez Les Grandes Personnes) dans la catégorie Carrément Beau Mini.

La chasse aux rainettes, d’Antonin FAURE (chez Thierry Magnier) dans la catégorie Carrément Beau Maxi.

Droméo et Chuliette, de Marcus MALTE, illustré par Henri MEUNIER (chez Le Rouergue) dans la catégorie Carrément Passionnant Mini.

La part du vent, de Nathalie BERNARD (chez Thierry Magnier) dans la catégorie Carrément Passionnant maxi.

Dia de Muertos, d’Anne-Florence LEMASSON, illustré par Dominique EHRHARD (chez Les Grandes Personnes) dans la catégorie Carrément Sorcières fiction ; pop-up.

Voir & Savoir, dans l’intimité du monde végétal, de Fanny PAGEAUD-EHRHARD (chez Les Grandes Personnes) dans la catégorie Carrément Sorcières non-fiction.

A bientôt

Marie Lou