Les webséries sont de retour sur YouTube : les nouvelles saisons de « La pause Kibookin », » Du bout des doigts », « Les éditeur.rices se livrent », » En cuisine » et » Le Grand Paris du bout des doigts « vous réservent de belles surprises.
Sur le site Kibookin
En plus de la sélection par tranches d’âge, la Pause Kibookin nous présente le scénariste de bandes dessinées Fabien VEHLMANN qui se confie sur son expérience de lecteur et son travail d’écriture.
Actualités éditeurs/auteurs
HongFei nous fait découvrir :
Si j’étais ministre de la Culture, de Carole FRECHETTE et Thierry DEDIEU : que serait notre monde sans culture ? Un manifeste aux couleurs de la résistance, pour exprimer et partager une conviction profonde avec fougue et humour ; dès 8 ans.
C’est comme ça que je t’aime, de Gan DAYONG : Petit Lapin demande à sa maman si elle l’aime vraiment. Avec sa maman Petit Lapin apprend ainsi à reconnaître les signes d’expression de la tendresse, avant de trouver comment dire les choses à sa façon ; dès 4 ans.
L’école des loisirs revient avec 3 aventures d’Olie-Boulie, de Claude Ponti ; dès 2 ans :
Les trois collectiones
Madame-neige
La monstre
Les Grandes Personnes conseillent :
L’évasion, de Vincent BROQUAIRE : avec poésie l’auteur orchestre une grande évasion, non pas du lecteur mais des personnages du livre eux-mêmes ; pour tout public.
L’Etagère du bas présente :
Mamita Sandwich, de Julien BAER et Camille de CUSSAC : un sandwich puissant à l’omelette, un hot-dog, un pan-bagnat, voilà un exemple de ce qu’on peut trouver dans le grand panier de Mamita Sandwich. Mais pourquoi et qu’est- ce qu’elle fait avec tous ces sandwichs ? Dès 5 ans.
Hélium propose :
Nom d’un ours, de Marco VIALE : l’album bouscule nos idées préconçues sur les ours, qui ne sont pas forcément les rustres que l’on croit ; dès 4 ans.
La Partie nous informe que
La série des petits imagiers de Janik COAT s’agrandit avec 2 titres : La montagne et La maison de Bernie : avec ses images au pochoir et son petit format, cette série est parfaitement adaptée aux petites mains ; dès 1 an.
Talents Hauts conseille :
Le vilain roi Vikain, de Céline CLAIRE et Laura GIRAUD : 4 enfants grandissent dans un pays magnifique, mais les habitants y vivent dans la peur. La faute au tyrannique Roi Vikain qui impose des règles absurdes. La révolte gronde et les enfants mettent le feu aux poudres. La force de l’enfance face à la tyrannie : un message universel ; dès 3 ans.
Cot Cot Cot éditions présentent
Préparer le bouillon, un album coréen de Lee SANGKYO § BAMCO (traduction par C. Gryson) : la préparation d’un bouillon à base d’anchois donne lieu à un ballet comique et tendre entre un père et son enfant. Le bouillon réconforte aussi bien le ventre que les cœurs ; dès 3 ans.
(Lee Sangkyo a reçu plusieurs distinctions littéraires et Bamco a reçu une mention spéciale en 2020 à la Foire de Bologne.
Des nouvelles d’une ancienne invitée :
Lucie FELIX, notre invitée en 2022, nous annonce La machine à confettis (chez Les Grandes Personnes) : Et si tourner les pages devenait un jeu ? Ce livre invite à lire autrement ; dès 18 mois.
Lucie Félix est sélectionnée pour le prestigieux prix Astrid Lindgren Mémorial Award 2026. Ses livres objets ont apporté un véritable renouveau dans le livre pour les tout-petits.
Le musée Guimet se met à l’heure du manga : l’exposition exceptionnelle Manga tout un art s’adressant à toutes les générations pour redécouvrir leurs héros emblématiques (6 place d’Iéna, Paris 16ème ; jusqu’au 9 mars 2026).
La ville d’Argenteuil organise son 13èmeSalon du livre du 7 au 8 février 2026 en collaboration avec son partenaire, la librairie Le Presse- Papier, au Lycée Julie-Victoire Daubié, 9 rue Louis-Massignon. Thème : Elle court la Banlieue.
C’est la Fête du livre à Domont :
la Salle des Fêtes Régis Ponchard accueillera la 29e édition de la Fête du Livre organisée par
ADL, Association pour le Développement de la Lecture. Du 14 au 15 février, de 10h à 18h, 4, Rue de la Mairie.
Voici les pépites sélectionnées au Salon de Montreuil :
Pépite album illustré :
Pavel et Mousse, d’Aurore Petit (chez les Fourmis Rouges) : Pavel, un lapin ordinaire trouve un bébé panda dans la forêt et l’adopte. Lorsque Mousse grandit, il ressemble de plus en plus à un panda, ce qui suscite des questions de parentalité et de construction de l’identité ; dès 4 ans.
Pépite fiction junior :
La jeune fille au crâne, de Benoît Richter (chez Nathan) ; dès 10 ans.
Pépite bande dessinée :
Sangliers, de Lisa Blumen (chez L’Employé du Mai) ; dès 12 ans.
Pépite fiction ados :
Courir le vaste monde, d’Alex Cousseau (chez Le Rouergue) ; dès 15 ans.
Pépite d’Or :
Béril en bataille, de Adèle Maury (chez Sarbacane) ; dès 12 ans.
L‘exposition « L’art de l’autre » se poursuit dans les bibliothèques partenaires (dans le Val-d’Oise les partenaires sont les bibliothèques d’Argenteuil, Deuil-la- Barre, Sarcelles, Saint-Ouen-l’Aumône, Saint- Leu-la- Forêt, Auvers-sur-Oise, Roissy en France et Cergy).
Sur le site Kibookin
Kibookin présente dans la Télé du Salon, un entretien avec Benoît Jacques, distingué Grande Ourse 2025 et une interview avec Adèle Maury.
Puis voici la sélection pour les plus jeunes:
Ce petit documentaire ludique et très graphique permet d’initier les enfants au monde des insectes. L’auteur propose un jeu de devinettes à la fois graphique et sonore pour rencontrer une douzaine d’insectes communs. Chaque devinette, sur une double page, présente une étrange créature (la petite bête en bazar). La double page suivante donne la réponse avec quelques particularités de l’espèce. Le livre se termine par une partie plus pédagogique sur les caractéristiques générales des insectes.
L’hiver a recouvert la forêt d’un grand manteau blanc. Volpetto et Basile jouent dans la neige, mais ils sont un peu tristes sans leur ami Lino, le petit loir, qui lui, dort profondément, en pleine hibernation. Résignés à l’idée qu’ils ne peuvent pas le réveiller, les deux amis, pour se sentir quand même proches de lui, décident pour Noël d’aller décorer sa maisonnette, même s’ils savent que Lino ne pourra pas la voir ainsi embellie. Mais voilà, le chant joyeux d’Allegra, la mésange, pourrait bien changer le cours de la nature… et de l´histoire.
Pour la classe d’Olga, la sortie de fin d’année va se faire au bord de la mer… et déguisés ! L’excitation est à son comble ! Sauf qu’après avoir erré dans les rayons du Super Market et même essayé de fabriquer son costume elle-même, c’est l’échec et Olga monte dans le bus déguisée… en rien du tout. La honte ! Mais l’aventure ne fait que commencer !
Ce n’est que la deuxième fois que ce petit garçon voit sa grand-mère venue le garder. Il n’est pas rassuré. Elle est bizarre. Mais bientôt, cette grand-mère pas comme les autres l’invite à se transformer en jaguar aux yeux d’or, et tous deux partent à travers des paysages somptueux. Féroces, intrépides, lestes, félins, comme en rêve ils gravissent des montagnes et boivent de l’eau au goût de clair de lune…
Actualité auteurs/éditeurs
Les Grandes Personnes conseillent :
Voir et Savoir, de Fanny Pageaud : un livre documentaire qui initie aux bases de la botanique contenant sept chapitres (fleurs, fruits, cônes, graines, plantules et bourgeons, feuilles, arbres) magnifiquement illustrés ; dès 8 ans.
La lune, de Henri Galeron : dans ce conte, d’après les frères Grimm, quatre voyageurs décident de dérober la lune pour l’emporter chez eux ; dès 5 ans.
La traversée, de Mathilde Arnaud : un album d’une grande poésie qui nous invite à entreprendre le plus beau des voyages ; dès 3 ans.
Les 400 coups présentent :
Loujain rêve des tournesols, de Lina Alhathoul et Uma Mishra-Newbery avec des illustrations de Rebecca Green (prix Unicef 2026) : Chaque matin, Loujain se remémore son rêve de voler jusqu’au champs où poussent un million de tournesols. Elle a des ailes, mais là où elle vit, les filles n’ont pas la permission de voler; dès 3 ans.
Nous avons reçu Florian début 2024 et son intervention a fait l’objet d’une restitution dans notre blog.
Grâce aux liens conservés, nous avons souhaité nous revoir pour parler de sa nouvelle et superbe production
Nuit Blanche,
album édité en octobre 2025 chez HongFei.
Nous voici donc le samedi 8 novembre 2025, et nous nous rencontrons dans la bouillonnante bibliothèque Colette Vivier, spécialisée jeunesse, décorée par Julia Chausson, à Paris, au cœur des Batignolles. Madame Isabelle Plet, la directrice, nous aimablement prêté son bureau, et tous les personnels prennent bien soin de nous.
Nuit Blanche, son éditeur en parle ainsi :
Le soir d’Halloween, un petit fantôme parti à la chasse aux bonbons perd de vue sa maman et s’égare. Pour Gaspard, déguisé sous un drap, c’est le début d’une nuit blanche. Son aventure le mène de la ville à la forêt et met ses sens et émotions en éveil. Alors que le soleil couchant sublime les paysages et arrête la course des animaux sauvages, la beauté l’emporte sur les inquiétudes de la nuit qui vient. Livré à lui-même, Gaspard se dévoile peu à peu. À l’aube, il entend une voix familière : quel bonheur pour Gaspard qui, cependant, n’est plus tout à fait le même : il a grandi.
Voici un beau livre rouge qui ressemble à un vénérable album de photos, qui enfermerait des choses précieuses, peut-être des images d’autrefois ?
J’ai l’habitude, chez Hong-Fei, de participer à la direction artistique du livre et de la fabrication de l’objet. La couverture est faussement toilée avec des embossements et des volutes. La typographie est soignée, volontairement gothique mais pas trop non plus. Le papier offset aussi a du cachet, c’est le même que pour Bulle d’été. Le mot qui nous a servi de référence pour la création de cette couverture c’est « grimoire ».
Pourquoi grimoire ?
C’est pour le côté magique. La teinte de la couverture fait penser à l’enfance. Petit, avec ma sœur, je fabriquais des grimoires.
Et l’image de couverture ?
Il y a eu une hésitation. Le premier choix était l’image qui figure maintenant en page-titre. C’est une image quasi religieuse, une sorte d’apparition surnaturelle. Mais le côté mystique et religieux me dérange.
L’image de couverture actuelle est d’ailleurs plus habile pour la compréhension de l’histoire puisqu’on voit les pieds du « fantôme ».
Pendant un temps, on a vu souvent du vert et du bleu dans tes albums. Ici vous êtes allé franchement vers le jaune avec des variations lumineuses très marquées. Pourquoi ce changement ?
Si je me suis tourné vers l’orangé, c’est parce que l’usage de l’encre acrylique me permet d’attraper mieux la lumière. J’en avais besoin pour ce récit en lien avec les circonstances du jour qui baisse, qui se lève, et les effets de contre-jour.
C’est aussi la lumière qui interpelle… on en arrive à cligner des yeux, tellement ça éblouit parfois.
Ce n’est d’ailleurs pas la couleur qui créé la lumière, c’est l’ombre. C’est un petit tour de magie. Plus on fonce en s’éloignant de la source de lumière, plus on renforce celle-ci. J’ai étudié cette technique en regardant beaucoup les peintres réalistes à l’huile, des anciens ou des contemporains, et j’ai cherché comment je pouvais transposer. Pour préparer Nuit blanche j’ai beaucoup étudié Luke Williams, un peintre anglais qui travaille la lumière pour montrer des ambiances de forêts, des crépuscules, des couchers de soleil. Les lumières me transmettent tout de suite une émotion et je voulais que le lecteur ressente la même chose avec ce livre. Oui, ici j’ai travaillé la lumière sous toutes ses formes, sous toutes ses coutures. Chaque planche est le résultat de différents essais qui m’ont amusé ou m’ont surpris. Par exemple, j’ai fait des contre-jour de jour et de nuit.. Ce sera pareil dans le prochain livre, on sera encore dans la lumière.
Soulages, avec ses outre-noirs, c’est bien la lumière qu’il a recherchée ?
Exactement. Il a aussi utilisé du brou de noix. Pour le prochain album je vais rajouter dans mes encres acryliques le brou de noix que j’ai acheté au musée de Rodez. Je n’utilise jamais le crayon noir.
Et les formes ?
La simplification des formes me plait beaucoup ; c’est aussi dans Luke Williams. Forme nette, forme floue, on peut aboutir à quelque chose de réaliste, regardez la toile d’araignée en gros plan et le paysage flou par-derrière.
Et le texte, il est bien de vous ici, alors que pour Une maison à hanter on avait celui de Morgane de Cadier ?
Oui, c’est le mien cette fois, donc moins littéraire. Mon expression est plutôt cash, je n’ai pas appris à écrire. C’est souvent introspectif. Mon personnage fait des points sur sa vie, sur ses caprices, sur son étourderie.
Comment procédez-vous pour écrire ?
Je suis parti, comme toujours, d’une image-matrice : celle du fantôme avec les arbres, les ombres et le soleil. Puis j’ai dessiné quatre autres images. J’ai organisé le tout dans un chemin de fer intérieur.
Et ensuite, j’ai brodé le texte. Je ne fais pas de story-board, j’aurais l’impression d’être bridé, de ne plus pouvoir me surprendre. J’introduis des choses extrêmement personnelles, confidentielles. Dans le texte comme dans le dessin. On va retrouver mon chien par exemple, ou encore le portrait d’une personne que j’ai connue. C’est dans ces petits détails qu’on en apprend sur la vraie vie de l’artiste.
FC : Pourtant, les portraits sont sommaires, ce sont souvent de simples profils.
Exactement, je ne veux quand même pas donner trop d’indices, je préfère que le lecteur y mette un petit peu ce qu’il veut. Regardez par exemple cette planche sans texte :
C’est un moment suspendu, c’est l’heure dorée entre le jour et la nuit, j’y ai mis l’air qui passe, l’herbe emportée par le vent, une biche et son faon. L’enfant s’arrête, contemple, et adopte ce champ qui devient sa chambre.
Si on mettait de la musique sur cette histoire, ce serait quoi ?
Je suis plutôt inspiré par le jazz. En créant cet album, je me suis passé une playlist assez mélancolique, avec souvent des morceaux de Philippe Glass par exemple, ou de l’électro. Toujours des musiques sans paroles, ça m’aide et le texte coule quasi automatiquement. Comme instrument je préfère le piano, mais il me faut aussi la batterie pour me défouler.
Quel est ce procédé d’utiliser simultanément le crayon de couleurs et l’encre acrylique ?
C’est bien un procédé à moi, que j’ai « inventé » et dont je suis très content. En 2022/2023, l’Ecole des loisirs m’avait passé commande d’une illustration pour ce qui deviendra La petite souris et le père Noël. C’était l’occasion de sortir des crayons de couleurs et d’expérimenter sans grand risques l’encre acrylique et ce sur l’entièreté du texte. L’encre permet de dégrader très finement les tons et elle produit des couleurs denses et saturées. Ensuite, j’ai entrepris Nuit blanche et j’ai combiné les deux techniques en réalisant les fonds entièrement à l’encre, puis, une fois celle-ci sèche, j’ai rehaussé les motifs avec les crayons de couleurs, par exemple les silhouettes des arbres et j’ai créé des camaïeux d’orange et des ombres.
Et si on parlait cinéma ? Car au fil des pages, on pense aux Oiseaux, à Spectre, et à l’Homme qui en savait trop avec ce chant de la mère qui parvient jusqu’à l’enfant prisonnier : Que sera, sera…
Et on pourrait ajouter Le Lauréat ; pensez à la scène finale quand le couple est assis au fond du bus, sans se regarder, dans un silence très mélancolique. C’est ce que j’ai voulu rendre en montrant la mère et le fils assis dans la voiture du retour et qui regardent chacun dans des directions différentes.
Quand l’enfant retire son costume de fantôme, vous décomposez le mouvement.
Oui là j’ai dessiné des poses clés d’animation. Mais on peut dire aussi que les planches sont des plans que j’ai organisés pour construire un récit. C’est du cinéma d’animation et je peux rendre hommage à Jon Klassen qui est un modèle pour tout, les textures, les couleurs, les cadrages, tout.
Il y a aussi un vrai plan cinématographique de fin dans la dernière image avec cette route sinueuse d‘où la voiture a disparu.
On croit même voir se profiler des monstres dans le décor des arbres, comme si l’histoire vécue était le premier épisode d’une série à suspense…
Alors là, pas du tout, je n’ai rien voulu dire avec ces décors ; ce que vous voyez ou ce que verront les enfants, c’est à découvrir aussi pour moi.
Aucun visage dans les nuages, pas de licorne dans les branches ?
Non, vraiment. Je n’ai absolument rien voulu ! Mais les enfants vont voir des formes, ce seront des regards neufs. Quant à mes nuages, c’est un exercice de style. J’ai pris des photos de vrais nuages dans les environs de Lyon, je les ai recopiés, puis retouchés pour remettre de l’anarchie dans ce que j’ai copié du réel, car trop d’ordre, c’est trop joli, trop composé. Je voulais cependant que les masses soient équilibrées à ma manière. Alors j’ai extrapolé, inventé, et c’est là que j’ai créé quelque chose qui m’a satisfait personnellement.
Et si on parlait maintenant de mysticisme, voire de religiosité, dans cet album ? Il y a une église à un moment, des arbres en forme de piliers, mais surtout il y a ce chemin de croix que forment les poteaux téléphoniques le long de la route où s’éloigne la voiture.
Inconsciemment j’ai dessiné des pylônes en forme de croix ! Mais non, l’église, la forêt, c’était juste les éléments du décor de mon quotidien d’enfant du Jura. Sinon, il y a quand même l’illustration du milieu, il y a cette double planche centrale où le personnage est situé au milieu du ciel.
C’est un rêve dans lequel le héros se voit lui-même ?
Arrivé au milieu du récit, après une première partie réaliste, j’ai voulu une image qui soit ambiguë ; peut-être ai-je voulu dire que le personnage était mort et monté au ciel, moment très triste. Et que toute la suite de l’album est pure fiction, trop belle pour être vraie, trop deux ex machina.
FC : Quand je suis arrivé sur cette planche, j’ai été surpris et je me suis dit : le héros dort dans son champ et rêve qu’il est dans le ciel.
Eh bien, tant mieux, j’ai eu peur que cette métaphore soit trop évidente, qu’on pense trop à la mort ; quand j’étais petit, je pensais beaucoup à la mort, et c’est un reflet très personnel que j’ai placé ici.
FC : Vous avez dédicacé cet album « à l’enfant qui dessinait seul dans sa chambre ». S’il était là maintenant, vous lui diriez quoi ?
A cet enfant qui est moi et tous les autres, je dirais : « tu fais bien de dessiner, continue, ça te servira plus tard. »
FC : Servir à quoi ?
A vivre par la création. Enfant, je créais tout le temps, pas seulement de dessins, mais des masques, des costumes, des objets bricolés. Maintenant, si je n’étais pas dessinateur, je ferais un métier qui nécessite de la création, peu importe, dans la pub, l’écriture, l’architecture, le design. Tiens, des petits films ! C’est là qu’on peut trouver sa liberté, se trouver soi-même. Je sais aussi que c’est une voie qui comporte des risques si on n’a pas les moyens d’y aller.
Et demain ressemble à quoi pour vous?
A un scenario de BD adulte. Mais, à 36 ans, je n’abandonnerai jamais l’illustration, qui est en constante évolution. Au fait, je n’aime pas le mot artiste, je préfère artisan.
Interview réalisée par François Carcassonne pour Lire95