Auteur/autrice : FrancoisC

Retour sur une rencontre avec Laurent CORVAISIER, le 4 décembre 2025

Laurent CORVAISIER a rapidement capté l’attention de l’auditoire grâce à sa façon directe et franche de se présenter et de parler de son oeuvre. La singularité de son discours, proche parfois de la confidence, très souvent complice, mêlé de touches d’humour,  enjoué et partageur, a fait mouche.

Ce dessinateur-né a vu ses talents mis en valeur par sa mère, qui avait senti l’intérêt de le pousser dans la voie artistique. Né au Havre, il a vite appris à rêver de voyages sur le Normandie ou le France, et à s’éprendre de peintures d’autres natifs, Claude Monet, Raoul Dufy, Georges Braque, Jean Dubuffet…

Laurent a eu la joie de pouvoir y peindre un bus, extérieur et intérieur !

Lui-même ne s’est d’ailleurs pas éloigné de cette côte, puisque sa maison est près de Pourville-sur-mer, non loin de Dieppe.

Ses études l’ont amené à Paris, à l’école Duperré (arts appliqués), puis à l’Ecole Nationale des Arts décoratifs, où il a étudié la gravure. Aujourd’hui il enseigne dans la section « illustration » du lycée d’arts graphiques Corvisart à Paris.

Voyageant beaucoup dans le vaste monde pour des résidences ou des expositions, il en a rapporté mille images :

Il nous a dit ses bonheurs familiaux avec sa femme Klara, graphiste, et ses enfants, garçons et fille.

Il nous a dit son décalage d’avec la vie courante, son inaptitude à conduire par exemple, à satisfaire aux petites obligations pratiques de la vie quotidienne. Il dit qu’il est un « cas », comme le sont beaucoup d’artistes.

Mais un cas qui va bien parce qu’il a trouvé sa voie grâce à la création permanente, à l’enseignement qu’il donne et aux choses qu’il apprend de ses étudiants et généralement de tous ceux qu’il rencontre.

Il appelle « travail » chacune de ses activités parce qu’aucune ne le laisse en repos. Son enseignement, c’est l’occasion de s’instruire et de se perfectionner dans les échanges constants  avec ses étudiants et ses collègues. Voyager, c’est emporter des carnets pour dessiner sans cesse, observer tout ce qui passe, ressentir, créer des liens, laisser des traces. Créer des œuvres personnelles, c’est souvent faire du neuf en lien avec ses souvenirs.

Trouver des moments suspendus, qui sont de vraies courtes vacances, c’est par exemple enfourcher son vélo pour aller au Louvre. Ainsi travaille-t-il sans cesse parce que c’est le moyen « d’ouvrir des pistes ».

Pour créer, il lui faut toujours le même format de carnet, le même papier d’art ( BSK RIVES 250g.), 2 ou 3 couleurs, le même minutage (1 portrait/1 heure ; 1 livre/3 semaines). Il lui faut d’abord observer scrupuleusement, puis laisser remonter les bribes des souvenirs enfouis, faire monter l’émotion, saisir le vif dans l’inerte.

Il dit que ses dessins sont « atmosphériques ». 

Il fait vite, il simplifie, et avec souplesse, les formes « se  répondent les unes aux autres », il n’est question que de rythmes, jusqu’à ce que, dans une tension finale, la vie se manifeste et signe l’achèvement de l’œuvre.

C’est pour cela qu’il se dit  artiste et non artisan.

Laurent illustre des livres pour enfants, mais il ne travaille pas pour les enfants. Les éditeurs jeunesse le sollicitent et non l’inverse. Par exemple trente livres chez Rue du Monde ! Il dit que c’est une chance de travailler avec Alain Serres, un si grand poète.

Et il a la chance d’illustrer de la poésie, car celle-ci permet « d’accéder à la liberté ». Dans ses images, il met des ombres qui ouvrent à du mystère, il met des choses bizarres, « tordues », «  en déséquilibre ». Peut-être pour pouvoir, par de soudaines lignes droites, régler son compte au désordre et se rétablir dans un cadre affermi.

Il aime les regards perdus, les yeux fermés. Il aime les visages totémiques, tel celui de Klara, qui est ainsi présente un peu partout dans les peintures.

Sa couleur préférée est le bleu, avec toutes ses nuances. Car il est en quête de profondeur, on pourrait dire d’extra-lucidité.

Il nous a apporté les illustrations originales du livre Ce que poète désire: une anthologie de poèmes pour la jeunesse d’Abdellatif Laâbi.

Il nous a montré aussi des images de L’appel du large, album écrit par Cathy ITAK, au service duquel il a mis ses dessins après un long dialogue avec l’autrice.

Laurent Corvaisier serait-il un enfant qui continuerait toute sa vie à « se raconter des histoires» ? Ce n’est pas une évidence, car il aime aussi les « idées frontales, très directes » et grâce aux commandes du Monde et à sa propre capacité à produire rapidement, il sait réaliser des dessins de presse percutants qui lui confèrent un rôle social d’adulte investi.

Ainsi a-t-il illustré un dossier sur les effets de la dissolution de l’Assemblée nationale :

Et voici une autre illustration parlante sur le thème de l‘inceste :

L’intime qu’il infuse en lui est celui qu’il perce dans les autres. C’est la sève sensible qui, loin d’éloigner du monde ce créateur, l’y propulse en le plongeant dans des réalités parfois rétives, brutes ou cruelles.

Une habitante de Douchy-les-Mines (commande publique)

On pourrait se rappeler ce mot d’Arthur Rimbaud: « Le poète se fait voyant ».

A la fin de son exposé, Laurent CORVAISIER, nous a invités à regarder une photo de Marco Giacomelli, qu’il tient pour le plus grand des photographes.

Totem, fétiche, talisman ?

Son projet de janvier 2026 : Une exposition de paysages à Souillac

Retours de l’auditoire

Si vous souhaitez en savoir plus sur Laurent CORVAISIER, suivez ce lien:

https://www.ricochet-jeunes.org/articles/rencontre-avec-laurent-corvaisier-un-humain-qui-peint-de-la-poesie-jeunesse

https://www.ricochet-jeunes.org/articles/rencontre-avec-laurent-corvaisier-un-humain-qui-peint-de-la-poesie-jeunesse

Cette rencontre fut un pur bonheur: c est effectivement un humain qui peint.
Beaucoup de générosité, de candeur sans être naïf, et un état d esprit ouvert , curieux et toujours dans l’ envie de comprendre, de saisir la vie.
Un peps qui fait du bien.


Laurent Corvaisier est un grand artiste qui a su nous captiver, nous emporter en voyage à travers son œuvre.


Pour moi une des meilleures rencontres à laquelle j’ai assisté. Et non dépourvue d’humour ce qui n’est pas négligeable…

Une dimension humaine (ou humaniste?), un mélange de
simplicité, de confiance envers son public, de sincérité, de
spontanéité.

 

L’album que nous avons acquis pour notre bibliothèque associative est :

Entrez dans l’atelier d’un peintre ! Promenez-vous parmi les mélanges de couleurs sur sa palette, découvrez toutes les étapes de la réalisation d’une toile, vivez l’angoisse et le bonheur d’une grande exposition, plus encore, remontez avec lui sa vie jusqu’aux rues de son enfance où déjà il dessinait, il apprenait… Au travers de l’oeuvre du peintre et illustrateur Laurent Corvaisier, cet album invite chacun à un fascinant voyage au pays de l’art et de la création (notice Babelio).

Sa dédicace

Les Actus de Marie-Lou, avril 2026

Un printemps toujours aussi riche…

Autour du Salon de Montreuil (https://slpjplus.fr)

Sur le site Kibookin

En plus de la sélection par tranches d’âge, Kibookin présente une sélection toute en sensations pour appréhender le monde autrement.

La pause Kibookin est consacrée à l’auteur et scénariste Guillaume NAIL, fervent défenseur des questions d’égalité et de diversité. À l’occasion de la sortie de son dernier-né Madou en cinq actes, roman d’apprentissage dans lequel l’héroïne se cherche et se trouve à travers le théâtre, Guillaume NAIL revient sur son parcours. Une vie fourmillante de métiers, d’expériences, de passions et de projets… à découvrir en cinq actes ! dès 14 ans (chez Milan).

Actualité éditeurs/auteurs

Les Fourmis Rouges présentent :

  • Jean-Louite, de Maia SANDOZ et Jean-Baptiste DROUOT : on ne coiffe bien qu’avec le cœur, tout le reste c’est du démêlant ! Dans le troupeau de Jean-Louite, les biquettes doivent passer l’épreuve pour devenir coiffeuses itinérantes. Une histoire d’acceptation et de confiance en soi ; dès 4 ans.

Rue du monde nous fait découvrir :

  • Mes premiers poèmes pour la liberté, l’égalité et la fraternité : une anthologie coordonnée par Alain SERRES et illustrée par Lucile PLACIN : des poètes d’aujourd’hui font jaillir des textes pour les 7/12 ans, à partir du célèbre « haiku » gravé au fronton des mairies : Liberté, Egalité, Fraternité.
  • J’ai droit à la poésie, d’Alain SERRES et Aurélia FRONTY : la poésie a mille visages, on apprend à la trouver partout où elle se cache et même à jouer à créer soi-même un poème ; dès 5 ans.

Les 400 coups proposent :

  • La grande peur de Popote, d’Olivier DUTTO et Matthieu MAUDET: Popote la petite crotte adore regarder le paysage au-dehors et décide enfin malgré sa peur de sortir ; dès 6 mois.
  • Panique au potager, de Jean-Baptiste DROUOT et Maud LEGRAND : un album décalé où fruits et légumes ont chacun une personnalité bien propre, mais ont tous un but commun; dès 5 ans.

Hongfei préconise :

  • Mais où vont les avions?  de Sophie PULS : un tout-carton pour les tout-petits dans lequel on part en voyage à travers des paysages variés; dès 1 an.
  • La folle journée d’un escargot, de DA WU: aider un escargot à aller plus vite… ça ne peut faire de mal à personne, vraiment ? En chemin vers la ville, deux frères aident un escargot à accélérer ; dès 5 ans.

Les éditions Courtes et Longues proposent :

  • J’ai rêvé de Préhistoire , d’Arthur DREYFUS et Jean-Jacques HUBLIN, auteurs, et Léa LOUIS, illustratrice : oubliez tout ce que vous pensiez savoir sur l’âge de pierre. Un documentaire jeunesse, inédit et le premier co-édité par le Collège de France bouscule nos certitudes ; dès 6 ans.
  • Mon Chien savant, d’Isabelle SIMLER: l’autrice lève le voile sur le génie caché de nos chiens dans un docufiction aussi beau et intéressant que drôle et poétique ; dès 3 ans.

Le Diplodocus nous incite à lire :

  • Tempo bleu, de Morgane BELLEC : le deuxième tome de la trilogie Rivages aborde le thème de l’eau. Une enfant évoque toutes les métamorphoses de l’eau et ses usages. La trilogie Rivages est consacrée à la beauté de la nature et aux sensations qu’elle procure ; dès 3 ans.

Hélium nous fait découvrir :

  • Baveux anniversaire, Icare ! de Vincent GUIGUE et Charlotte LEMAIRE : Suzie et Nono ont beau être des escargots, quand il s’agit d’anniversaire, ils n’y vont pas mollo ; dès 4 ans.

Sarbacane préconise :

  • Tu vas adorer, de Marta ORZEL : une jeune fille part à l’aventure avec son chien Hercule, qui ne semble pas se réjouir autant que sa maîtresse ; dès 3 ans.

Ricochet propose :

  • Les p’tits renards, de Claire LECOEUVRE et Chloé du COLOMBIER :

un documentaire empreint de narration et de poésie ; dès 3 ans.

Et aussi :

  • Réécouter sur le site de la CNLJ.BNF, la rencontre du 17 décembre 2021, avec May ANGELI, décédée le 11 avril dernier. Immense artiste, excellant dans de nombreuses techniques, elle a créé et illustré pendant 60 ans des ouvrages pour la jeunesse. Son dernier album, Cache-Noisettes, a été édité en 2025 aux éditions des Eléphants.
  • Le prestigieux prix Astrid-Lindgren a été décerné à l’auteur-illustrateur canadien Jon KLASSEN pour son style minimaliste, ses textes espiègles et sa manière de dépeindre les difficultés de la vie avec émotion et humour.
  • Le jury du prix Sorcières 2026 a récompensé les 6 titres suivants :

36 mois, de Julia SPIERS (chez Les Grandes Personnes) dans la catégorie Carrément Beau Mini.

La chasse aux rainettes, d’Antonin FAURE (chez Thierry Magnier) dans la catégorie Carrément Beau Maxi.

Droméo et Chuliette, de Marcus MALTE, illustré par Henri MEUNIER (chez Le Rouergue) dans la catégorie Carrément Passionnant Mini.

La part du vent, de Nathalie BERNARD (chez Thierry Magnier) dans la catégorie Carrément Passionnant maxi.

Dia de Muertos, d’Anne-Florence LEMASSON, illustré par Dominique EHRHARD (chez Les Grandes Personnes) dans la catégorie Carrément Sorcières fiction ; pop-up.

Voir & Savoir, dans l’intimité du monde végétal, de Fanny PAGEAUD-EHRHARD (chez Les Grandes Personnes) dans la catégorie Carrément Sorcières non-fiction.

A bientôt

Marie Lou

Les Actus de Marie Lou, mars 2026

Voici de belles propositions pour fêter Pâques et d’offrir un beau livre, en plus du chocolat…

Autour du Salon de Montreuil (https://slpjplus.fr)

Lettre du 19/03/2026

Le Parc d’attractions littéraires se tiendra du 24 juin au 1er juillet 2026. En écho au thème de Partir en livre, cette nouvelle édition célébrera les enfants comme les héros et héroïnes du quotidien.

Sur le site Kibookin

En plus de la sélection par tranches d’âge, Kibookin revisite les classiques. Les auteurs contemporains se frottent aux grands classiques de la littérature.

La pause Kibookin est consacré à Jeanne MACAIGNE qui écrit et dessine en poète le monde qui nous entoure et les territoires intimes.

Actualité éditeurs/auteurs

Le Diplodocus présente :

  • On va où maman ?, de DAWU : une petite fille accompagne sa mère pour rendre hommage à sa grand-mère, un album émouvant sur le deuil et la puissance du lien entre un parent et son enfant ; dès 4 ans.

Albin Michel Jeunesse conseille :

  • Décidément, cette maman, de Marguerite COURTIEU : c’est bientôt l’heure de partir en vacances ! Mais une fois à la gare, la maman d’Olivia et d’Hector réalise qu’elle a oublié son téléphone ; dès 3 ans.

Hongfei préconise :

  • Premier souffle, de Hu YIFAN : l’ouvrage, destiné aux tous petits, invite à un voyage visuel dans le mouvement de la vie au rythme premier, simple et précieux de la respiration (ce premier livre de l’auteur a été récompensé par plusieurs prix).

Les Fourmis rouges présentent :

  • Zazou a dit, de Julia FRECHETTE : Zazou est une grand-mère fantasque et pleine de couleurs mais merveilleuse selon sa petite fille. Ses conseils sont à suivre à la lettre, même lorsqu’ils sont un peu particuliers ; dès 3 ans.

Les éditions Courtes et Longues proposent :

  • Je viens en paix- Lâchez-moi un peu les antennes, de Rodolphe GUERRA et Léa LOUIS : Cet été, les vacances s’annoncent mouvementées pour Mamie 328 et Marcel 328b. Comme chaque année, ils voient débarquer leur petit-fils, un jeune héros convaincu cette fois-ci de venir de la lointaine planète Rodor ; dès 9 ans.

Hélium nous fait découvrir :

  • Lumir et Micocouli, le premier livre de Marie BOISSON : Micocouli est une grande distraite et Lumir est souvent spectateur de ses recherches d’objets perdus. Heureusement les amis sont là ; dès 4 ans.
  • Ooz, de Milja PRAAGMAN : un petit oiseau et son papa s’échappent du zoo pour aller observer d’étranges créatures, les humains ; dès 4 ans.
  • Fleur d’Argent, de Cécilie EKEN, illustré par Rosalie STROESSER : un roman écologique devenu un classique au Danemark, qui à travers une histoire d’amitié insiste sur la nécessité de protéger la nature ; dès 4 ans.

La Partie préconise :

  • Le temps du Capitaine Brett, de Blexbolex : un roman initiatique mettant en scène une aventure de piraterie intemporelle avec un retour au papier, à l’encre et à la gouache ; dès 7 ans.

Talents Hauts suggère :

  • Toboggan, de Séverine HUGUET : ce matin, sur le toboggan, Léon crie fort et veut tout diriger. La domination masculine, ça commence dès le toboggan ? dès 1 an.
  • Finn est dans sa bulle, de Olivier DUPIN et Virginie COSTA : accueillir un élève pas comme les autres : une leçon d’inclusion tendre et juste ; dès 6 ans.

Ricochet propose :

  • Les P’tits Renards, de Claire LECOEUVRE et Chloé DU COLOMBIER : il y a des animaux que l’on aperçoit peu mais qui pourtant fascinent petits et grands. Le renard est de ceux-là ! Dès 3 ans.
  • Le Miracle des Pépins, de Chloé SISSA : l’aventure d’une petite fille et de jeunes abeilles qui entraîne petits et grands dans un univers peuplé de créatures merveilleuses, où solidarité rime avec entraide et bravoure ; dès 6 ans.

Cot Cot Cot éditions présentent le premier album de la bédéiste Aurélie WILMET :

  • Ramson & Aki : au cœur de la forêt d’Aki, l’odeur des jeunes pousses d’ail sauvage commence à embaumer l’air, les fleurs recouvrent le sol et les petites têtes encore endormies émergent doucement, seul l’ours Ramson manque à l’appel, une ode à la forêt et à la résilience du vivant ; dès 3 ans.

Des nouvelles de nos anciens invités:

Frédéric MARAIS (2025):

A la foire du livre de Bologne, Frédéric Marais se voit décerner une mention spéciale dans la catégorie FICTION pour Tomber 8 fois se relever 9 (chez Hongfei).


Adèle TARIEL (2024) :

Dans mon océan, son nouvel album, illustré par Jérôme PEYRAT, est à paraître le 7 mai 2026 aux éditions Père Fouettard.
Un livre à double-entrée pour offrir deux points de vue de l’histoire…

Et aussi :

  • L’Exposition Lumir et Micocouli au musée de Poche (41 Rue de la Fontaine au Roi, 75011 Paris) jusqu’au 11/04/2026.
  • Ecouter le podcast consacré à Rebecca Dautremer :

(https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/le-book-club/dans-la-bibliotheque-de-rebecca-dautremer-4013514

A bientôt

Marie Lou